Gwendoline, 25 ans et maman

C’est ce samedi que sera lancée la série spéciale “25 ans” dans la version papier du Soir. Son but : faire un portrait-robot fidèle de cette génération. Et nous avons choisi six jeunes Belges, tous nés en 1989, pour nous suivre tout au long de l’enquête. Après les présentations de Leila et Sophie, au tour de Gwendoline.

Impression
« Quand je dis que j’ai 25 ans et que j’ai un enfant, les gens me regardent et font des grands yeux !»
, lance Gwendoline, avec un sourire malicieux. Les réactions seraient unanimes : personne ne s’attend à ce que cette jeune femme, pas très grande, et plutôt menue, soit déjà maman. D’autant plus lorsqu’elle explique que sa fille, Lara, a trois ans. Bientôt quatre.

« Je suis tombée enceinte à 21 ans, poursuit-elle. Je travaillais déjà depuis deux ans. J’étais employée au Brico. C’est là que j’ai rencontré le père de ma fille, qui n’est plus mon compagnon aujourd’hui » La naissance de Lara était voulue, Gwendoline souhaitait avoir une fille. « Mais peut-être pas aussi vite que ça, sourit-elle. Un an plus tard aurait été mieux. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû attendre un peu, pour être plus à l’aise d’un point de vue financier. Quand tu veux avoir un enfant, la sécurité financière joue beaucoup. » Aujourd’hui, Gwendoline s’en sort d’ailleurs difficilement. « Financièrement parlant, je suis encore dépendante de quelqu’un, vu que je vis chez mon père. Je ne m’en sortirais pas si j’avais un loyer à payer toute seule. Pourtant, ça fait longtemps que je cherche un petit studio ou un appartement à prix raisonnable, mais je ne trouve rien. Il me faut un espace avec une pièce fermée pour ma fille. Personnellement, si je dois dormir dans un canapé-lit, je m’en fous ! Mais quand on a un enfant, il faut trouver quelque chose de correct, et avec ce critère, je ne trouve rien d’abordable. Pourtant, j’ai quand même un bon salaire, pour quelqu’un de 25 ans ! ».

Depuis près de trois ans et demi, Gwendoline travaille dans un magasin de Louvain-la-Neuve. Elle a commencé son parcours comme hôtesse, à la caisse. Aujourd’hui, elle est l’une des responsables du magasin, nous explique-t-elle, radieuse. C’est qu’elle est bien dans ses bottes, totalement épanouie dans son travail, et sans complexe concernant de son absence de diplôme supérieur. « J’ai un diplôme d’éducatrice, que j’ai obtenu à l’Institut technique Félicien Rops à Namur. Après les secondaires, j’ai entamé des études supérieures, pour être éducatrice spécialisée. Mais j’ai abandonné en cours de route. Je n’ai pas eu le courage de passer mes examens de repêche, en août ! Alors, à 19 ans,  je me suis mise à chercher du travail, et j’ai décroché un poste au Brico, où je travaillais déjà comme étudiante ».

Gwendoline est active sur le marché de l’emploi depuis plus de cinq ans, et maman depuis trois ans. Du coup, elle a parfois l’impression « d’être en décalage par rapport aux autres jeunes son âge ». « Je m’entends mieux avec des jeunes qui ont 28 ou 29 ans, précise-t-elle. Parce qu’ils ont des enfants, ou qu’ils vont en avoir. On partage plus de choses. C’est une question de maturité, je crois. Avoir un enfant te fait passer un certain cap ». Mais notre jeune « 25 ans » s’empresse d’ajouter qu’elle a tout de même gardé son « côté enfantin » : « Je sais encore m’amuser,  déconner et faire la fête ! Je continue à sortir en boîte, et à faire tout ce qu’un jeune peut faire. C’est juste qu’à un moment, il ne faut pas oublier que l’on est aussi parent, et que l’on ne peut pas faire tout ce que l’on veut ».

Nos avatars

ficheidentiteleilaLeila, 25 ans en 2014, infirmière et Belge d’adoption
ImpressionSophie, 25 ans en 2014, Bruxelloise et engagée

 

 

 

Rendez-vous demain avec un nouvel avatar, puis dès le 4 janvier pour découvrir leur regard sur les différentes thématiques que nous aborderons.