Emily Hoyos : « La société n’aide pas cette génération à prendre sa place »

1223027999_B971612914Z.1_20131214135403_000_GR01LKDMD.1-0Depuis quelques semaines, nous enquêtons pour dresser le portrait des jeunes de 25 ans : qui sont-ils ? Que craignent-ils ? De quoi rêvent-ils ? Mais nous avons aussi voulu savoir ce que d’autres pensaient de cette génération des « 25 ans » : quelle image de vous ont vos parents ? Que pense un employeur quand un jeune de 25 ans se présente face à lui ? Qui sommes-nous pour les hommes et femmes politiques ? Vous retrouverez ces différents points de vue dans Le Soir papier de ce week-end. Mais en attendant, nous vous livrons en intégralité l’interview d’Emily Hoyos, co-présidente d’Ecolo.

Quels sont pour vous les atouts de cette génération ?

C’est une génération qui me fascine beaucoup parce que la société ne lui crée pas de facilités. Le taux de chômage des jeunes aujourd’hui est doublé par rapport à leurs aînés ! C’est aussi une génération très fragilisée financièrement : les jeunes de cet âge-là n’ont pas de CDI, certains doivent faire des stages non rémunérés comme porte d’entrée vers le boulot. Mais c’est une génération qui réinvente un certain mode de vie: les moyens de se déplacer, de se loger, de consommer (les jeunes partagent des voitures, cohabitent…). C’est aussi une génération pour laquelle les réseaux sociaux sont une manière d’organiser la vie.

Quelles sont pour vous les faiblesses de cette génération ?

Il n’y a pas, pour moi, de faiblesses propres à cette génération. Ce sont plutôt des faiblesses de la société dans laquelle ces jeunes vivent. C’est pour moi une génération cul-de-sac. Cela me rappelle une affiche que j’ai vue récemment : deux Espagnols avec les bras croisés sur laquelle était écrite : « We want our futur back »… C’est cela la génération des 25 ans.

Mais certains disent que les jeunes de 25 ans ne s’engagent plus, changent régulièrement de travail…

Personnellement, je ne connais aucun jeune qui sort des études et qui trouve un CDI… C’est pour ça qu’ils changent souvent de travail. Les jeunes ont des difficultés à se projeter dans l’avenir. Par ailleurs, la crise a rendu les banques encore plus méfiantes vis-à-vis des jeunes. Mais au lieu de faire le deuil de leur jeunesse, ils font des rêves. Ils gardent une grande capacité d’indignation.

Quelle est la place des jeunes de 25 ans dans la société ? En réalisant l’enquête, on s’est rendu compte que c’était vraiment un âge charnière : ce ne sont plus des adolescents mais ils ne sont pas encore considérés comme des adultes…

Je ne sais pas pourquoi vous avez choisi 25 ans. Pour moi l’âge charnière recule. Aujourd’hui, c’est plutôt 30 ans. Quoiqu’il en soit, la société n’aide pas cette génération à prendre sa place et c’est un gâchis. Une société doit faire une place prépondérante à cette génération : la jeunesse, c’est notre ultime richesse. Sacrifier sa jeunesse, c’est sacrifier notre avenir.

A relire Paul Magnette : “La description qu’on fait de la génération Y est trop belle pour être vraie”

Si vous voulez nous soumettre une carte blanche sur les défis liés à cette génération #25, n’hésitez pas. Une seule adresse : forum@lesoir.be