Les #25ans sont trop connectés? “L’important, c’est de maîtriser l’outil”

Vous vous souvenez de l’opération #quatrejoursoff ? Notre collègue Olivier Croughs avait accepté de se déconnecter, pendant quatre jours, d’internet, de son GSM et de toutes les technologies absentes de nos vies en 1989. Son bilan ? Une expérience “surprenante et inquiétante”. Son récit avait suscité quelques commentaires sur notre probable addiction aux nouvelles technologies.

Internet rend-il les jeunes accrocs ? “Avant de critiquer [internet], questionnez votre utilisation de cet outil”, a répondu Simon Vandereecken (@Nithou), 25 ans, dans un billet bien senti, ironiquement intitulé: “J’ai passé 4 jours sur Internet : mon bilan“.

Nous le publions sur #25 ci-dessous.

http://www.nithou.net/apropos

J’ai passé 4 jours sur Internet : mon bilan
“Mon défi était particulier, je devais passer quatre jours sur cette terre étrange et bizarre qu’est Internet, armé de quelques technologies dignes des années 2000 : un ordinateur portable, un smartphone et éventuellement une tablette. Voici mon bilan.

Surprenant et enrichissant. Voilà comment je définirai le plus simplement possible cette expérience de voyage dans ces terres étranges.

Surprenant car je ne m’attendais pas à découvrir davantage au-delà des lolcats, des articles pourris partagés par certains contacts “Jenifer & Kevin se crashent avec leur scooter des neiges en chassant un paresseux échappé du zoo de Liège”, et autres vidéos inutiles, un terrain de connaissance, d’apprentissage sans fin.

J’ai ainsi pu découvrir dans ma boîte mail plusieurs newsletters (vous savez, ces e-mails qui apportent autre chose qu’un Powerpoint inutile et vaguement drôle ?) : Sidebar, Web Designer Depot, Hacker Newsletter, … J’ai aussi pu grâce à Feedly, lire chaque jour les écrits de plusieurs blogueurs, penseurs, écrivains, … qui bien que n’ayant pas de diplôme de journalisme fournissent eux aussi un point de vue intéressant et plein d’enseignements.

Enrichissant car là où mon cerveau s’était un peu endormi au fil des années, à force d’un travail routinier et d’un métro-boulot-dodo classique, j’ai pu le réveiller et soudainement le mettre à profit ! Je me suis donc mis à réapprendre l’espagnol sur Duolingo, j’en ai profité aussi pour prendre un cours de Design Thinking for Business Innovation donné par l’Université de Virginie sur Coursera, et j’ai appris plein de choses sur le Javascript sur Treehouse. J’ai des notes de cours qui noircissent un vrai cahier à spirale, des idées plein la tête, et une soif de connaissances qu’il me semblait avoir oubliée.

J’ai soudainement aussi redécouvert la joie de lire, en emportant avec moi, sur ma tablette, Readmill et sa centaine de livres gratuits, relisant certains classiques, mais aussi quelques livrés écrits par des indépendants, des créateurs, … Des livres brisant le carcan de ce que veulent bien publier les éditeurs, des écrits qui n’ont pas leur place à la radio, la télévision ou dans l’ordre des pages d’un journal. J’ai aussi pris le temps de me balader, un livre audio dans les oreilles, regardant le monde autour de moi tout en apprenant encore de nouvelles choses.

En cherchant quelques informations sur Reddit (à propos de nouveaux trucs que j’avais appris, d’un achat pour lequel j’avais besoin le feedback de beaucoup de gens de ma profession avant de me décider à le faire, …) j’ai découvert des informations traitées différemment, des points de vue uniques, intéressants, interpellants. J’ai pu lire les témoignages de gens vivant dans ces zones de conflits traitées en quelques lignes par les médias classiques. Au-delà de l’info-poubelle, j’ai redécouvert ce “vrai journalisme” que nos médias classiques semblent oublier de plus en plus (allant jusqu’à republier des informations de sites satiriques).

Internet m’a aussi permis d’apprendre qu’une amie de longue date venait passer quelques jours en Belgique, après s’être baladée pas mal, et nous a permis de se retrouver autour d’un verre, de discuter, de raconter nos expériences, nos apprentissages et de combler ces quelques années éloignés.

Bien sûr pour ça il a fallu quelques années d’apprentissage, pour ne pas subir un outil, mais l’utiliser efficacement. Quand j’apprends ou que je veux être tranquille, je coupe les notifications, je ne sors pas (plus) immédiatement mon smartphone pour y chercher frénétiquement des nouvelles. J’avoue ne plus trainer des heures sur Facebook sans but, ne pas regarder des centaines de vidéos de chats sur Youtube, non, j’ai décidé de mettre à profit cette montagne de connaissances qu’est l’Internet et de m’enrichir, d’apprendre et de développer de nouvelles compétences grâce à ce merveilleux outil, gratuit et accessible, qui m’apporte toutes ces connaissances facilement.

Et concernant mes courses de Noël ? Tout était commandé, emballé et livré le 9 décembre, m’épargnant ainsi de perdre une ou deux journées à naviguer parmi une marée humaine de plusieurs centaines de personnes, de faire 4 heures de files pour 2 articles, et de rentrer exténué après 9h dans des grands magasins avec 3 cadeaux et surtout de me plaindre de la cohue sur les réseaux sociaux hashtag cadeauxdeNoël.

J’ai aussi pu commander ce film qui n’était pas distribué en Belgique (parce que jugé pas assez financièrement intéressant), ce livre en anglais jamais traduit (parce qu’il n’y a pas assez de lecteurs potentiels vous comprenez bien), commander ce tableau magnifique réalisé par une artiste au Canada, cette housse réalisée par une femme passionnée en Lituanie, et j’en passe.

Bref, avant de critiquer un outil, questionnez votre utilisation de cet outil, vous serez étonnés ;)