Les #25ans, une génération plus instruite ?

Les jeunes sont tous diplômés, mais sans emploi. Vrai? Pas tout à fait! On en a parlé dans le 11h02 avec Catherine Joie et Xavier Counasse.


Le 11h02: le chômage des jeunes, «pas une… par Le_Soir

Bien que les inscriptions dans l’enseignement supérieur soient en hausse (principalement grâce aux inscriptions croissantes des femmes), près d’un jeune sur deux ne dispose pas de diplôme de l’enseignement supérieur aujourd’hui. Parallèlement, les jeunes demandeurs d’emploi sont nombreux. En Belgique, ils sont plus de 20.000 à la recherche d’un job du haut de leurs 25 ans, soit un sur sept. Pas de fatalisme non plus, les études montrent que, dans 48% des cas, ces derniers sont au chômage depuis moins de six mois.

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Qui sont ces jeunes de 25 ans demandeurs d’emploi? Nous avons rencontré Marie-France, 25ans, qui cherche un emploi depuis 2009. Pendant deux heures, elle nous a raconté le combat quotidien qui était Impressionle sien : la recherche d’emploi. Que vous parliez avenir, politique ou internet, un sujet revient systématiquement sur la table dans le discours de cette jeune fille d’Antoing : le chômage. S’investir en politique ? Pourquoi pas… pour témoigner de la galère d’une demandeuse d’emploi de longue durée. L’utilisation d’internet ? “Heureusement qu’il y a l’ordinateur pour se changer les idées quand on n’a rien à faire de ses journées”. Et au sujet de ses éventuelles inquiétudes sur l’avenir ? “La seule chose qui me trotte dans la tête le soir avant de me coucher, c’est de trouver un travail”.

Les jeunes, tous diplomés mais sans travail? C’est le premier cliché de notre série sur les #25ans. Vos commentaires, vos questions et nos réponses sont à relire ci-dessous.

Q: Les jeunes sont-ils plus diplômés aujourd’hui qu’hier?

C.J. Non, mais il y a une évolution positive.

Q: De quel niveau de diplôme parlons-nous dans l’enquête #25?

C.J. Nous avons fait la distinction entre enseignement supérieur et les autres types de diplôme. Nous arrivons à la conclusion que l’accès à l’enseignement supérieur a augmenté par rapport aux générations précédentes. 30% des aînés ont un diplôme de l’enseignement supérieur, tandis qu’ils sont 42% aujourd’hui.

X.C. L’élément principal c’est la «révolution» féminine. Quand on compare garçons et filles, on a à l’époque 8,1% des 50-54 ans qui sont des femmes diplômées universitaires, alors qu’aujourd’hui elles sont 13,5%. Dans toutes les formations de type supérieur, les filles sont nettement plus instruites. Ce sont elles qui donnent cette poussée statistique.

Q: Les jeunes filles ont aussi davantage accès aux études supérieures, en particulier celles qui sont issues de l’immigration?

C.J. Nous disposons des chiffres en fonction du lieu de résidence des jeunes, pas de leur origine ethnique. La Région, bruxelloise est très particulière car on y a la plus grande proportion de jeunes sans diplôme mais c’est aussi là qu’on retrouve le plus grand nombre d’universitaires.

X.C. La course au diplôme est une tendance de l’après-guerre. A côté de cela, il y a un effet inquiétant qui fait qu’on déserte l’enseignement technique et professionnel. Les métiers d’apprentissage sont des métiers presque mal vus, on y vient quand on a tout raté, et c’est vraiment dramatique car ce sont des métiers d’avenir. Etre qualifié, ce n’est pas uniquement sortir des filières intellectuelles.

C.J. Il est toutefois évident qu’on accède plus facilement à l’emploi lorsqu’on possède un diplôme du supérieur.

Q: Un témoignage nous dit que la carrière s’est fort allongée et que les jeunes doivent donc attendre pour s’installer sur le marché de l’emploi…

X.C. Il faut savoir que la génération des baby-boomers arrive près de l’âge de la retraite, ce qui fera du bien pour l’emploi des jeunes.

C.J. C’est un phénomène qu’on est d’ailleurs en train d’observer en Flandre.

X.C. Le gouvernement essaye de trouver des stratégies pour faciliter l’emploi des jeunes: plan Activa, stages en entreprise, etc. Il y a un réel intérêt pour ce problème. Grégoire Chapelle, directeur d’Actiris, nous disait qu’on commence à en voir les premiers résultats de ces nouvelles politiques.

Q: Quelques chiffres concernant le chômage des jeunes de moins de 25 ans à Bruxelles?

X.C. 47,4% des 18-24 ans, cela représente quasiment un jeune actif sur deux. Cela ne veut pas dire qu’un jeune sur deux est au chômage à Bruxelles. A l’échelle de la Belgique, un Belge de 25 ans sur 7 est demandeur d’emploi.

Q: Beaucoup de jeunes désespèrent de trouver du travail malgré leurs diplômes?

C.J. Il y a clairement un rallongement de la durée des études et une tendance à compléter sa formation. C’est difficile à chiffrer mais c’est un constat. Parmi ces étudiants, il y a cette peur que ces diplômes complémentaires ne servent à rien. Les étudiants reviennent souvent vers le corps enseignant pour leur faire part de leurs craintes. Ils sont demandeurs de davantage de stages. Il règne cette impression de ne pas être assez formé ni armé pour le monde de l’entreprise.

X.C. Ce discours revient fréquemment dans le monde des employeurs où l’on constate que les universités ne sont pas assez ouvertes sur le monde de l’emploi. Mais il y a une deuxième question: faut-il encore accepter que les étudiants se ruent vers des professions qui sont pratiquement bouchées? Il y a matière à débat.



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