A #25ans, “certains sont tellement passionnés qu’ils créent leur propre emploi”

Sommes-nous trop pessimistes dans notre dossier sur les jeunes de #25 ans et l’emploi ? C’est un reproche qu’un internaute nous a adressé lors d’un chat avec Bernard Rentier, le recteur de l’ULG, sur le thème: “Les #25ans sans travail, la faute aux unifs ?“. “Pas envie de faire aussi des articles positifs sur des jeunes de 25 ans qui vont bien et ont un job? Je comprends qu’on parle de ceux qui ont des soucis, je connais l’ampleur du chômage des jeunes, mais bon il n’y a pas que ça dans la génération 25 ans…”, écrivait Anna.

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Effectivement et pour vous rassurer, voici déjà le portrait de Julien Paquet, jeune entrepreneur de 25 ans, réalisé par Olivier Croughs. Un bel exemple de ce que nous confiait le recteur de l’ULG pendant notre chat: “A 25 ans, certains sont tellement passionnés qu’ils créent leur propre emploi”

Quand Julien Paquet évoque ses premiers souvenirs d’entrepreneur, il se décrit comme «un jeune qui veut son indépendance financière». Comme une évidence, il lui semble que le meilleur moyen d’y parvenir est de développer des sites internet. «Le développement d’une page web s’apprenait facilement en ligne. La demande pour ce genre de services était gigantesque et pourtant, il n’y avait pas grand monde qui savait coder.» La nouvelle se répand rapidement dans son entourage.

Se défendant d’avoir un jour été un grand programmateur, Julien Paquet parle de vitrines commerciales «très simples». Dans la foulée, il apprend ses «premières leçons de business»: négociation d’un contrat, gestion du temps, maintenance d’un site, fixation des tarifs. «Je devais me positionner par rapport aux agences. J’avais fait mes recherches.» Voyant ses affaires prospérer, Julien y prend goût. «Devenir entrepreneur m’était apparu une évidence.»

À 17 ans, Julien Paquet lance le premier site belge de vente en ligne de vêtements de marques américaines. «À l’époque, ça avait cartonné, se souvient-il, j’avais un contrat avec un distributeur thaïlandais pour Abercrombie (et ses déclinaisons Hollister et Gilly Hicks). Il me revendait ses surplus.» La petite affaire a bien fonctionné pendant près de trois ans. Mais en 2010, Abercrombie débarque en Belgique. Dès ce moment, seuls les distributeurs officiels sont désormais autorisés à commercialiser la marque. «Mes pulls ne passaient plus la douane. C’était terminé, sans autre forme de dégâts.»

De cette période, Julien dit ne pas avoir gagné énormément d’argent. Surtout, il a ouvert les yeux sur le potentiel commercial des réseaux sociaux. «Mon site s’appelait StudentsWear.be, il n’a rien donné directement. Par contre, il avait sa page Facebook, et grâce aux ambassadeurs qui faisaient la promotion de mon site parmi leurs cercles d’amis, j’accumulais les nouveaux clients, tout en récompensant les parrains. Je parlais énormément avec eux. Ils en parlaient davantage. Ça a vite tourné en soirées Tupperware. Pour le reste, j’écoulais mes invendus sur eBay et 2e main.»

Passionné par la vente, Julien rêve d’un projet plus grand, démissionnant du même coup sur les terrains plus techniques du développement web. «Pour cela, je me suis associé à Martin Meys et Gregory Vander Schueren, des gens bien plus compétents, pour créer le projet Famest Sur les cendres de StudentsWear, Famest est rapidement devenue l’une des start-up les plus prometteuses du pays.

Forte d’un passage chez NEST’up, l’accélérateur de start-up wallon, et, surtout, d’un partenariat avec Zalando et son homologue asiatique Zalora, les géants mondiaux de l’e-commerce vestimentaire, elle propose d’identifier marques et modèles de vêtements sur les photos des utilisateurs de réseaux sociaux, pour les mener directement sur les pages de ventes idoines. Les jeux de la recommandation sociale et des récompenses sont toujours au cœur du projet, avec cette fois un catalogue de 1.500 marques et plus de 150.000 références à la clé.