#25ans, génération débrouille ? “La colocation, c’est inévitable”

Les #25ans sont-ils plus débrouillards qu’avant ? Selon Bernard Francq, professeur de sociologie à l’UCL, «on ne peut pas dire de cette génération qu’elle soit davantage débrouillarde que les précédentes». Mais tout le monde ne partage pas cet avis… Voici les réponses de nos six avatars.
ficheidentitegeraldineGéraldine, 25 ans en 2014, Carolo et ambitieuse : Je vis en colocation avec trois de mes amis. C’était plus parce que je n’avais pas envie de vivre seule que par nécessité financière. La débrouille ? Je n’ai pas l’impression de tout faire pour économiser. Je ne me prive pas, je ne vis pas dans l’excès non plus.
Quand j’étais plus jeune je faisais des petits jobs d’étudiants l’été pour partir deux ou trois jours en vacances. J’ai eu de la chance pour mes études, mes parents ont tout financé. C’est une grande chance. On croit que c’est normal mais en fait non.J’admire les gens qui travaillent les week-ends pour payer leurs études.”
Pour la question de la mobilité, Géraldine utilise toujours sa voiture, même pour bouger à quelques mètres de chez elle. “On tombe vite dans le confort de se déplacer facilement surtout que je ne paie pas l’essence. J’ai passé mon permis quand on m’a dit que j’allais avoir une voiture de société.”



ficheidentitequentinQuentin, 25 ans en 2014, ouvrier et préoccupé
: “J’habite toujours chez mes parents. Je n’ai pas de charges ni rien mais je pense à m’installer avec ma copine et c’est clair que la coloc est indispensable. on essaye de voir qui parmi nos amis pourraient vivre avec nous pendant un an ou deux. Le budget même à deux est super short en sachant que même avec une patte blanche et des contrats ça ne sert à rien. J’ai galéré huit mois pour trouver un CDI avec un préavi de deux semaines. Les bailleurs trouvent qu’on ne gagne pas assez. Les plans B sont monnaie courante.
Je viens d’acheter une voiture, avant j’utilisais celle de mes parents. Pour le boulot, j’ai de la chance, mon employeur paye à 100% et c’est accessible en train. J’ai 1h30 matin et soir, c’est gérable. Pour faire des économies, j’essaye de tout faire moi même. Je profite du fait que je suis quelqu’un de manuel. Le meilleur plan de manière générale pour moi ce serait d’avoir des bonnes relations, des gens sur qui compter sur un déménagement par exemple. 

 

 

ImpressionMarie-France, 25 ans, cherche vainement un emploi: “25 ans, c’est un peu la génération Tanguy avec des jeunes qui vivent encore chez leurs parents. Avant, à 18 ans, tout le monde partait de chez lui. Maintenant ce n’est plus possible. Il faut prendre un colocataire pour s’en sortir. Moi je vis avec ma sœur par exemple.
En ce qui concerne mes dépenses, j’achète souvent sur le net des choses neuves mais à prix plus bas. J’ai acheté dernièrement un collier pour ma sœur à 1 euro en Chine, frais d’envoi gratuits.
Je paye aussi pour la voiture que j’ai récupéré de ma maman. L’essence et les assurances, c’est très cher. C’est une des premières choses qui compte dans mon budget mensuel et on essaye de déplacer la voiture au minimum. J’ai compté ce que me coûtaient chaque mois internet, la télé, le téléphone, mon loyer et les assurances. Cet argent là, je le bloque directement sur un compte spécifique. Je ne dépense jamais l’argent dont je sais que je vais avoir besoin…

ImpressionGwendoline, 25 ans et maman :“D’après moi, on est une génération qui ne gère rien du tout, qui ne se débrouille pas bien du tout. Je n’ai pas l’impression que les jeunes de 25 ans parviennent à gérer leur petite famille. On ne fait pas attention à notre argent, on est beaucoup trop dépensiers. Personnellement, je ne fais pas de covoiturage, ni d’achats groupés. Je n’ai pas spécialement l’impression que notre génération soit adepte de ces pratiques. On tient trop à nos libertés pour ça, et l’on n’est pas prêt de s’en défaire.
Les fins de mois sont difficiles. Ce qui est le plus dur pour moi, c’est de payer mon essence, ainsi que les dépenses alimentaires. Il n’y a rien à faire, mais ce sont mes deux grosses dépenses. Je reconnais que je pourrais dépenser moins, mais il n’y a rien à faire, il y a certains marques auxquelles je tiens, et pour lesquelles je continuerai à dépenser plus… Mes seules grosses dépenses, ce sont pour mes téléphones portables. J’achète presque un GSM par an ! Je les casse tout le temps…
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ImpressionSophie, 25 ans en 2014, Bruxelloise et engagée : “Je vis en coloc avec deux amis. On partage un appart parce que c’est moins cher mais aussi parce que c’est chouette ! J’aime beaucoup vivre avec d’autres, de ce point de vue là ce n’est pas une contrainte. Même si par contre, il y a une réelle contrainte financière. Habiter seule, je ne le ferais déjà pas, juste parce que ce n’est pas possible, c’est trop cher. Même habiter en coloc’, ça devient cher à Bruxelles. Il faudrait des alternatives pour les jeunes, comme à Amsterdam par exemple, où les bâtiments vides sont réaménagés par des artistes ou des architectes d’intérieur et mis à disposition des jeunes à des prix très bas. Au moins, ces bâtiments ne se dégradent plus, car quelqu’un vit dedans.
Je me déplace à vélo, c’est peut-être un peu cliché… Mais je prends vraiment le vélo car c’est le moyen le plus rapide d’aller d’un point A à un point B en ville. Je prends souvent les villo aussi, ou alors les transports en commun. Ce sont les façons les plus rapides et les plus démocratiques de se déplacer dans une ville. Je ne vois aucun intérêt à aller acheter une voiture pour rien, pour une seule personne en plus. Je trouve ça absurde, je ne comprends pas pourquoi les gens tiennent tellement à leur voiture. Dans n’importe quelle grande ville, les gens n’ont pas besoin de voiture.”

ficheidentiteleilaLeila, 25 ans en 2014, infirmière et Belge d’adoption : “On est débrouillard, il y a pas mal de choses qui nous permettent de gagner un peu d’argent comme eBay, le seconde main, … Des choses qui permettent de se débrouiller tout en restant ‘in’. J’ai par exemple acheté cette table basse à 5 euros sur ebay. Une bonne affaire ! Puis la colocation, c’est une formule qui fonctionne plutôt bien car l’immobilier devient impayable à Bruxelles. Moi, je loue seule un appartement parce que j’ai la chance d’avoir un emploi stable. Mais je sais que quand je cherchais une location, il y avait des offres où c’était 500 euros le loyer, sans les charges, pour un petit 30 mètres carré…
Aujourd’hui, je mets une somme de côté tous les mois. Je fais attention tout en profitant. J’ai la chance de ne pas devoir me limiter plus que ça. A Noël par exemple, j’avais prévu un gros budget cadeau”.
Mais Leila ne se considère pas complètement autonome pour autant. “Je me sens autonome, mais la société a toujours besoin d’avoir des garanties. Pour signer mon bail, mes parents ont par exemple dû se porter se porter garant”.Enfin, sur la question de la mobilité, Leila se déplace exclusivement à pied et en transports en commun “même si l’on pourrait améliorer le réseau (rires). Les prix du train sont très intéressants jusqu’à 26 ans. Mais après, cela devient relativement cher ! Puis je paye chaque mois une cinquantaine d’euros pour mon abonnement à la Stib. Ce n’est quand même pas donné. C’est d’ailleurs quelque chose qu’il faudrait améliorer”