#25, génération voyage? “Je suis très casanier”

Avec les vols low cost, les Erasmus, les échanges linguistiques, le web… Le monde est un village et les jeunes en profitent. Les jeunes voyagent-ils vraiment partout, tout le temps? Six jeunes nés en 1989 témoignent.
ficheidentitegeraldineGéraldine, 25 ans en 2014, Carolo et ambitieuse : J’essaye de faire des petits city-trips réguliers les weekends: Amsterdam, Strasbourg, Stockholm, Marrakech… Et un gros voyage par an: je suis partie au Sri Lanka au mois de novembre. Au final ce n’est pas si cher. 1.200 euros en tout pour quinze jours, je trouve que ça va pour un aussi beau voyage. Souvent on va dans des maisons d’hôtes ou auberges de jeunesse. On ne cherche pas le luxe, du moment que c’est propre. On n’a pas envie de dépenser 70 euros si on peut avoir quelque chose à 20 euros. On n’a pas besoin de vivre dans le confort pendant quinze jours.
Je suis partie avec mes parents jusqu’à mes 23 ans. On restait plus en Europe, Italie, France… Ils m’ont déjà offert des voyages pour une occasion comme mon anniversaire. Quand j’étais plus jeune je faisais des petits jobs d’étudiants durant l’été pour partir deux ou trois jours avec mes amis. J’ai fait un stage au Luxembourg, quatre mois et quatre mois à Dublin pour mon Erasmus. J’ai aussi fait un Erasmus à Anvers, mais ça ne compte pas même si c’est tout aussi dépaysant. Je vivais dans un kot avec 20 étudiants étrangers en échange.


ficheidentitequentinQuentin, 25 ans en 2014, ouvrier et préoccupé
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Moi je n’ai pas voyagé à part pour des vacances en Suisse. J’avais pensé faire un Erasmus mais la Belgique est bien réputée au niveau technique, on a des boîtes mondialement reconnues  qui sont venues ici car on a une main d’œuvre de qualité et qu’on est plus compétent que d’autres. Je ne suis pas parti à cause de ça. Beaucoup partent pour des stages, je ne sais pas si c’est parce qu’ils veulent voyager mais autant le faire si ça leur plaît.

Les déplacements d’un pays à un autre, mes parents n’y ont pas pensé car c’était hors de prix. Nous, on peut se le permettre. Ça fait deux ans que je n’ai plus pris de vacances, là on m’offre le ski donc j’y vais en France. Je suis très casanier. J’ai voyagé une seule fois hors Europe, en Tunisie pour mon voyage de rhéto. C’est clair que c’est un investissement. Il faut avoir mis de côté ou alors enchaîner des petits jobs là-bas, dormir dans une étable. Certains s’en foutent. Partir n’est pas forcément possible sans l’aide de papa et maman à 25 ans. Mais c’est envisageable, ce n’est pas que pour les nantis. Ça me fait un peu rêver, j’y ai jamais pensé en tant qu’acte, mais pouvoir tout lâcher du jour au lendemain, partir si j’ai envie de partir sans être limité dans un petit système. Tout envoyer balader, surtout si tout va mal, pourquoi ne pas le faire, ou se prendre le délire de le faire juste pour le principe? Cela me tenterait bien.”

ImpressionMarie-France, 25 ans, cherche vainement un emploi: “Je ne pense pas qu’il faille partir loin à tout prix. Dans notre pays, c’est déjà un fameux voyage que de passer d’une communauté à l’autre. Alors autant essayer de bien s’intégrer dans son pays avant de vouloir partir loin. Mais c’est évidemment un plus de voyager.
Je n’ai fait qu’une seule fois un grand voyage, au Japon. Sinon, j’ai fait quelques petits voyages. J’allais souvent à Paris par exemple, pour chercher de la nourriture asiatique. J’aime bien Canterburry en Angleterre aussi, où j’ai déjà été 2-3 fois. Mais financièrement, ce n’est pas facile. Si j’avais la possibilité d’y aller, j’irais naturellement plus souvent. Mais quand on doit gérer soi-même son budget, il faut se limiter…
Je m’y prends toujours à l’avance. Pour mes voyages à Paris, je réservais mon billet de TGV au moins trois mois avant le voyage. Comme ça, je paye 40 euros au lieu des 180 euros à payer en réservant la veille.
Cette année, j’aimerais vraiment aller à Londres ou en Irlande…”

ImpressionGwendoline, 25 ans et maman:“J’ai la chance d’avoir un papa qui m’a offert beaucoup de voyages, ce qui fait que j’ai pas mal de voyages à mon actif. Je suis toujours partie à l’étranger en vacances. Ça ne m’est jamais venu à l’idée de partir pour un autre raison, tout comme ça ne me viendrait pas à l’idée de partir en vacances en Belgique. Pour moi, dès que l’on passe la frontière belge, c’est pour partir en vacances.
M’expatrier ? Pourquoi pas ! Je me vois assez bien vivre dans un autre pays, comme en France, en Provence, avec un champ de lavande autour de ma maison…
D’après moi, nous sommes une génération qui voyage beaucoup plus. Notamment parce que les prix ont baissé par rapport à avant. Regardez comme c’est facile et peu cher de voyager avec Ryanair ! Beaucoup de jeunes partent aussi pour des projets humanitaires. J’ai quelques collègues de 23 ans qui partent chaque année faire quelques semaines d’action humanitaire.
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ImpressionSophie, 25 ans en 2014, Bruxelloise et engagée : “Moi, dans mon monde idéal tout le monde est multilingue, et parle au moins cinq langues, pas seulement parce que c’est un atout sur le marché du travail mais aussi parce que ça ouvre l’esprit. Une langue que tu parles, c’est une nouvelle vision du monde. Personnellement, je parle le français et le néerlandais évidemment, mais aussi l’anglais, l’espagnol, car j’ai vécu un an en Equateur après mes secondaires, et un peu le catalan car j’ai fait un Erasmus à Barcelone. Mon année en Equateur a été, je crois, la meilleure de ma vie. C’est vraiment exceptionnel de vivre dans un autre pays : j’allais à l’école, j’habitais dans une famille équatorienne, … Ce sont aussi toutes des choses qu’on n’apprend pas à l’école. Et pourtant j’ai appris plus de choses sur cette année-là que sur 12 ans d’école. Je crois qu’il ne faut pas aller très loin pour avoir de l’expérience. Il suffit d’aller de l’autre côté de la frontière linguistique ! Donc oui, c’est accessible à tout le monde, il faut juste de l’ouverture d’esprit et une certaine audace pour aller rencontrer l’autre. A Bruxelles, par exemple, quand tu es étudiant à l’ULB, tu peux faire un Erasmus à la VUB. C’est génial car c’est une autre façon de faire, une autre façon de penser dans la même ville !

ficheidentiteleilaLeila, 25 ans en 2014, infirmière et Belge d’adoption : “Je pense qu’on a énormément de chance qu’il soit désormais plus facile d’aller voir ailleurs. J’adore vraiment voyager, la dernière fois c’était en Turquie. J’ai également été au Vietnam. J’ai besoin de ça, d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs, de profiter des richesses des autres cultures, personnes et paysages. L’Europe a sans doute contribué à faciliter nos déplacements.
A l’heure actuelle, je vis entre Madrid et Bruxelles comme mon compagnon est Madrilène. Je vais une fois par mois là-bas, idem pour lui. Et j’aimerais prochainement aller dans un pays latino…Seul bémol : ça coûte quand même cher, surtout l’avion. Si je prends le Vietnam, le billet m’a coûté extrêmement cher, mais une fois sur place, tout était pour rien.