Animateur dans un mouvement de jeunesse, une autre forme d’engagement?

Depuis trois ans, Elodie est la présidente d’un mouvement de jeunesse. “Une expérience qui a développé chez moi des qualités que je ne soupçonnais pas“. Lorsqu’on lui soumet le cliché d’une génération qui ne s’engage pas, elle répond du tac au tac : “Comment ça? Je ne vois pas pourquoi on s’engagerait moins que la génération précédente“.

Pour Elodie, c’était il y a huit ans. Lors d’un souper de famille, elle se remémore avec sa sœur et sa cousine le bon vieux temps du Patro d’Eghezée. De “tellement beaux souvenirs” que les trois jeunes femmes désirent faire vivre à la nouvelle génération du village. “On trouvait ça vraiment dommage qu’il n’existe plus de Patro. On s’est lancées. Ma sœur a pris la présidence et a fait toutes les démarches par rapport à la Fédération. Elle avait 24 ans à l’époque. J’en avais 17“.

Depuis trois ans, elle remplace sa sœur. “C’était un challenge que je voulais me lancer. Et puis pour être président, il faut être formé. Et comme j’étais la seule du staff…” Cette troisième année sera sa dernière mais elle ne regrette absolument pas d’y avoir consacré tous ses dimanches matins.  ”Être animatrice, ça m’a permis d’apporter des petits plus à un groupe d’enfants. Ça me fait chaud au cœur de les voir arriver à huit ans puis de les voir rejoindre l’équipe de chefs à 16.  Quand je prends du recul, je me dis que c’était vraiment une belle aventure que je suis contente d’avoir vécue. Cela a permis de mettre en avant certains point forts chez moi que je ne pensais pas avoir. La responsabilité par rapport au groupe, la prise de parole devant les parents et le fait d’apprendre à rédiger des courriers officiels pour entrer en contact avec ma commune. On rencontre des gens et on acquiert des compétences“.

Cette implication dans une association de jeunesse, que 32 % des jeunes de 20 à 30 ans pratiquent, a permis à Elodie de grandir à son niveau, en aidant les plus jeunes à faire de même. Idéal pour cette étudiante en science de l’éducation à l’ULB qui possède déjà un diplôme d’institutrice primaire.

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Si le cliché du non-engagement colle à la peau des #25, c’est pour elle, en partie, parce qu’ils ont des envies de voyages. “Ils partent mais au final c’est pour s’engager dans d’autres types de projets“. Ceux qui décident de rester comme Elodie, participent parfois sans en avoir conscience, à la vie de leur village, en développant les relations entre enfants de toutes les classes sociales ainsi qu’entre les enfants et leurs aînés lors des nombreuses activités.

Et si l’engagement n’était pas juste l’affaire de partis politiques, de syndicats ou d’ONG? Pour vous, être animateur dans un mouvement de jeunesse, est-ce aussi en réel engagement?