Maxime: «L’armée m’a dressé. De là, j’ai réfléchi»

Lorsqu’il termine ses secondaires, Maxime est un peu perdu. «Parce qu’il faut bien», il se lance dans des études d’instituteur à Champion près de Namur. Rapidement, il se rend compte qu’il fera partie de la moitié des jeunes qui échouent en première année d’études supérieures.

«J’ai tout arrêté, ce n’était pas mon truc. Je ne voyais pas du tout quoi faire de ma vie, j’étais paumé. Il fallait que je me reprenne en main et je me suis orienté vers l’armée. C’était naturel pour moi. Comme tous les petits garçons, je jouais avec des petits soldats. Alors, j’ai pris un job de saisonnier à Walibi pour l’argent, et pendant ce temps-là, je me suis entraîné.»

maxime barbier

Épaulé par son meilleur ami déjà engagé dans les forces belges, il s’entraîne sans relâche. Les nombreuses heures de sport payent et, après quelques mois, Maxime se retrouve à gérer la sécurité d’un aéroport… en Afghanistan. «Ça a été très vite. L’instruction de base à Arlon a duré trois mois. Ensuite une instruction spécialisée en unité de deux mois a suivi. Pendant ce temps, les autres soldats étaient déjà en pré-entraînement pour aller en Afghanistan. Il manquait des gens et on nous a sélectionnés. On a eu beaucoup de chance.»

Partir faire la guerre au bout du monde à 21 ans, une chance? «On savait que la guerre était là. Il y avait un risque mais au quotidien, c’étaient des missions de gardes qui changeaient souvent. C’était un aéroport donc on croisait énormément de nationalités comme les Américains qui prenaient une plus grande part dans le conflit. Mon unité était cantonnée à l’aéroport.» Maxime passera quatre mois au cœur des montagnes afghanes. Il y célèbre même son 22e anniversaire. Déprimant? «Pas du tout. On ne se sentait pas seul au monde. Sur place, il y avait déjà d’autres militaires belges. Ceux qui avaient le plus d’expérience nous encadraient. Certains étaient déjà venus en Afghanistan et connaissaient le terrain, c’était rassurant

L’effet du retour en Belgique est d’abord climatique. «Atterrir à Bruxelles de nuit alors que vingt-quatre heures avant, il faisait 50 degrés, c’est un choc.» Heureux de retrouver sa famille et ses amis, il se sent surtout plus mature et prêt à de nouveaux défis. Il se lance avec succès dans des études en géologie à l’ULB. Il dit ne pas regretter l’expérience de l’armée une seule seconde. «Si j’avais commencé les mêmes études à 19 ans, je me serais cassé la gueule. On dit que les garçons mettent plus de temps à mûrir. L’armée m’a dressé. De là, j’ai réfléchi à d’autres opportunités

Retourner en Afghanistan? Il n’est pas contre. «Pourquoi pas. Mais bon, la mission de la Belgique là-bas est terminée.» À 25 ans, Maxime est parvenu à réaliser son rêve d’enfant. D’une manière atypique, il a réussi à franchir les étapes menant à la vie de jeune adulte.