Génération connectée? Oui! Accro? À voir…

Ils sont 9 sur 10 à se connecter régulièrement. Pour faire quoi? Peuvent-ils seulement s’en passer? Les réponses de nos avatars…

 

ImpressionSophie, 25 ans en 2014, Bruxelloise et engagée Je passe beaucoup trop de temps sur le web! Je suis sur Facebook, Twitter, Instagram, sur mon téléphone, sur mon PC… partout, tout le temps. Je crois que c’est excessif… Mais en même temps, je crois que ça a beaucoup de potentiel. Les médias sociaux ont vraiment montré qu’ils peuvent déclencher des trucs, regrouper des gens. C’est une nouvelle façon de se faire entendre et de se révolter. Il y a deux ans je crois, Philippe Van Parijs avait publié une opinion dans le Soir et dans Bruxelles Deze Week en lançant l’idée du picnic dans les rues de Bruxelles. Je l’ai vu, j’ai mis ça sur mon Facebook, je l’ai partagé et j’ai mis un “let’s do this”. Deux minutes après, mon voisin m’a dit “Sophie, il faut vraiment qu’on fasse quelque chose !” Du coup, on a créé le groupe “avenue picnic” et on a passé toute notre journée à cliquer pour accepter les gens qui étaient intéressés, qui avaient lu le même article et qui voulaient aussi organiser ce picnic pour réclamer qu’on nous rende l’espace public. C’était vraiment fou ! C’est là qu’on sent qu’en fait, quand tu penses quelque chose, il y a au moins mille personnes qui pensent comme toi ! Et je crois que les réseaux sociaux sont vraiment un moyen pour regrouper ces gens.

De là à dire que je pourrais m’en passer… En théorie, oui, mais je crois qu’en pratique, je serais tout à fait déconnectée du monde. Et pour vraiment fonctionner dans une société, je crois que c’est quand même important d’avoir accès à tout ça. En vacances, par contre, ça dépend. Si c’est pour aller faire un trekking dans les montagnes, ou en city trip, c’est différent.”

ficheidentitegeraldineGéraldine, 25 ans en 2014, Carolo et ambitieuse : “J’ai mes mails qui arrivent directement sur mon téléphone et je ne peux plus m’en passer. Je suis partie au Sri Lanka quatre jours et on a décidé de se déconnecter complètement. Un de mes amis voulait qu’on soit juste à nous quatre, coupés du monde. Ce n’était pas évident mais on a survécu sans smartphone. Il m’a fallu une journée au retour pour lire tous mes mails. C’était difficile, parce que d’habitude je recevais  toujours un petit message sur whatsapp. C’était vraiment les vacances, on était dans une bulle. J’avais quand même pris un vieux téléphone 3310 pour envoyer un petit sms par jour à mon copain. C’était déjà beaucoup…”



ficheidentitequentinQuentin, 25 ans en 2014, ouvrier et préoccupé
 : c’est vrai qu’on est la génération hyperconnectée. Pour travailler, il faut être alerte à plein d chose, les smartphones nous permettent d’avoir cette souplesse. On est super connecté par rapport à nos parents pour qui le téléphone sert à téléphoner, point.

Personnellement, je suis un calme sur la consommation, une heure par jour sur mon smartphone. Je me suis fait plaisir il y a deux ans avec l’Iphone 4S, mais je dois avouer que sans une cagnotte de mon entourage pour me l’offrir, je ne l’aurais jamais eu, c’est hors de prix. Pour un pc je metterais 600 euros grand max.

Dans l’absolu, je crois qu’on pourrait se passer du web, mais pas ici. En vacances en plein milieu des bois, sans problème, en dehors de la société, oui. Dans un cadre « normal », non, absolument pas. On a basé énormément de chose sur ça. La poste aujourd’hui est privatisée car on a le téléphone avec des sms. Qui envoie encore une carte de bonne année ? La poste ne sert plus qu’aux factures et aux prospectus. Je vais lire mes mails tous les jours… On a besoin d’être alerte, pas spécialement connectés, mais on nous a habitués à devenir super flexibles et donc il nous faut les informations assez vite. Que ce soit pour trouver des informations dans le job, trouver des plans… On garde ses automatismes au niveau privé. Genre, j’ai besoin d’un truc, je trouve le magasin sur le net.

ImpressionMarie-France, 25 ans, cherche vainement un emploiUltra-connectée? Pas moi! Je n’ai pas de tablette, j’ai mon PC mais je ne fais que jouer dessus. Les réseaux sociaux, je ne les utilise que pour rester en contact avec certaines personnes. Et mon portable, c’est un modèle tactile que j’utilise de manière très basique : pour téléphoner, envoyer un message et voir mes mails de temps en temps… A part les quelques heures pendant lesquelles je joue sur mon PC, je ne pense donc pas être très connectée. Et je ne joue que quand je n’ai vraiment rien d’autre à faire, uniquement pour passer le temps!

 

ImpressionGwendoline, 25 ans et maman :J’ai un iPhone, et je crois que, par facilité, je ne pourrais pas faire « marche arrière ». Ça me manquerait de ne plus avoir toutes les informations auxquelles j’ai accès maintenant. J’utilise mon téléphone pour énormément d’applications. Pour aller sur Facebook aussi. Mais quand je suis en vacances, je ne vais pas consulter mon compte Facebook, parce que ça coûte trop cher ! Je n’utilise pas mon téléphone pour consulter mes mails quand je suis chez moi. Donc je ne suis pas hyperconnectée au point de ne pas faire la distinction entre ma vie professionnelle et ma vie privée. Mais je suis quand même dépendante de mon téléphone, d’internet. Bien que ce ne soit pas une dépendance nocive, ce qui peut être le cas pour d’autres jeunes.

Mais je crois que l’on est une génération hyperconnectée, même si l’on n’est pas nés avec un gsm dans notre main. Quoique… J’ai eu mon premier téléphone portable quand j’avais 12 ans. J’étais en première secondaire. C’était un Nokia 3310 ! Je l’ai eu parce que je prenais le bus, et c’était au cas où il m’arrivait quelque chose.”

ficheidentiteleilaLeila, 25 ans en 2014, infirmière et Belge d’adoption Il est vrai qu’aujourd’hui, on se passe difficilement des nouveaux outils technologiques. Moi, j’ai un smartphone qui me permet d’aller sur internet. Il était relativement cher, mais quand je suis à l’étranger par exemple, je peux communiquer avec ma famille ou mes amis grâce au wi-fi sans aucun frais supplémentaire. C’est tout de même intéressant.

Par contre, quand je pars en camp avec les mouvements de jeunesse pendant 15 jours, je parviens à me déconnecter complètement. On peut se poser, plus calmement, car c’est quand même quelque chose de stressant d’être constamment connecté. Je pense d’ailleurs qu’il faut parfois apprendre à se déconnecter, à profiter de moments sans internet. Il faut s’assurer que ces outils technologiques ne prennent pas la place de l’humain. C’est peut-être un travail à faire, parce qu’on est sollicité en permanence. Mais quand on va boire un verre avec des amis, certains restent connectés en permanence alors qu’ils ont un invité en face d’eux. Là, ça devient problématique.