Le message de Benoît Poelvoorde aux #25 : “Bon courage !”

A quelques jours de la sortie des « Rayures du zèbre », le 5 février prochain, Benoît Poelvoorde, qui y tient le premier rôle, est l’invité de la rédaction du Soir, et notre rédacteur en chef d’un jour, en compagnie de Benoît Mariage, réalisateur du film.

Interrogé sur sa jeunesse et sur les jeunes d’aujourd’hui, le comédien nous a adressé un message.

“A 25 ans, je finissais de tourner “C’est arrivé près de chez vous”. J’étais plutôt joyeux, je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie mais ça allait super”, explique-t-il avant de lancer : “La jeunesse d’aujourd’hui, je lui souhaite bien du courage. Parce que vous, vous devez vous débrouiller tout le temps, vous êtes inondés de tout, c’est terrible”. “Nous, quand on a fait “C’est arrivé près de chez vous”, on ne savait pas ce qui avait déjà été fait ou pas fait; aujourd’hui, quand tu veux faire quelque chose, il y a le monde entier qui te dit que ça a déjà été fait. Donc il faut beaucoup de courage et moi, j’ai de l’admiration pour les jeunes de 25 ans. Moi, avoir 25 ans à cette époque, je n’aurais pas pu…”

A 25 ans, Benoît Mariage n’en était qu’à l’aube de sa carrière dans le cinéma. “J’avais 23 ans quand j’ai obtenu un diplôme de droit. J’avais fait ces études comme un prolongement du destin familial, disons. Mon père avait fait le droit, et j’ai suivi le même parcours. Mais lorsque j’ai décroché mon diplôme, je l’ai remis à mon père et, l’année suivante, je me suis directement inscrit à l’INSAS (l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle, à Bruxelles, NDLR) ! J’avais 24 ans à l’époque, et c’est à ce moment-là que j’ai dû faire un choix entre mettre mes pieds dans des pantoufles de parent, et prendre le large, suivre mon instinct et mes envies de cinéma, de photo.” Pour lui, 25 ans est un “âge charnière”. ‘Entre la famille, un homme, une femme, une maison, un boulot… tout est possible ! Mais en même temps, on se retrouve devant une  falaise, avec le vertige, la fragilité et l’angoisse qui l’accompagnent”, poursuit-il.

Son message aux jeunes de 25 ans ? “S’écouter, et reprendre le goût du silence”. “Je suis frappé par cette frénésie de la nouvelle génération, explique-t-il. Les jeunes sont constamment en train d’envoyer des mails, d’écrire des sms… Ils ne s’arrêtent jamais ! Je crois que des moments d’interruption sont nécessaires. En tout cas c’est le cas pour moi… Il ne faut pas céder à cette spirale infernale dans laquelle les jeunes sont embarqués aujourd’hui. Parfois, je crois qu’il faut s’obliger à s’isoler, et à s’écouter. C’est dans ces moments que viennent les intuitions à suivre.”