Débat des jeunes électeurs : les jeunes face au marché de l’emploi

Le 25 mars aura lieu le grand débat des jeunes électeurs (une collaboration entre l’Ihecs et Le Soir). Trois thématiques seront abordées lors de ce débat pré-électoral : l’emploi des jeunes à Bruxelles, la mobilité et la pauvreté dans la capitale. Un panel de personnalités politiques francophones répondront aux questions des étudiants de l’Ihecs  - l’Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales, à Bruxelles – et des lecteurs du Soir, sur ces trois problématiques.

Cette semaine, un groupe d’étudiants de l’Ihecs enquête sur la première d’entre elles : les jeunes confrontés aux difficultés du marché de l’emploi à Bruxelles. Suivez leurs résultats sur le blog #25, commentez-les et débattez-en, ils attendent vos réactions !

Un jeune bruxellois sur quatre est demandeur d’emploi

En janvier, Actiris dressait un bilan plutôt positif sur le chômage des jeunes à Bruxelles.  D’après l’Office Régional Bruxellois de l’Emploi, le chômage des jeunes est en baisse à Bruxelles en ce début d’année : 952 jeunes chercheurs d’emploi en moins en un an. Pourtant, la Belgique détient toujours le triste record de champion du chômage des jeunes de moins de 25 ans. Décodage.

Le mois dernier, Actiris observait une diminution du taux chômage des jeunes par rapport au mois de janvier 2013. Celui-ci est passé de 32,4% (janvier 2013) à 30,4% (janvier 2014). Cependant, 14.514 jeunes cherchent encore un emploi dans la capitale. La situation reste donc préoccupante, d’autant plus que les stages en entreprise se font eux de plus en plus rares. Suite à la mauvaise conjoncture économique, il n’est pas toujours facile pour les entreprises d’engager du nouveau personnel, et de le former.

La Belgique n’est pas le seul pays à devoir combattre le taux trop élevé de jeunes chômeurs. En décembre 2013, le taux de chômage chez les moins de 25 ans s’élevait à 23,2 % au sein de l’Union européenne, tandis que le taux de chômage, toutes tranches d’âges confondues, était de 10,7%, d’après les estimations d’Eurostat.

La proportion des jeunes demandeurs d’emploi est donc particulièrement élevée. D’après Bart Cockx, professeur à l’université de Gand et chercheur associé à l’Ires (Institut de recherches économiques et sociale), il y a presque trois fois plus de chômeurs chez les moins de 25 ans que dans les autres tranches d’âge. Il a tenté d’expliquer ce phénomène. Il dénonce notamment plusieurs décisions prises par les autorités belges, qui iraient dans le mauvais sens :

1. La faible qualification des jeunes chômeurs. En Belgique, le chômage des jeunes touche surtout les personnes peu qualifiées. Parmi les jeunes qui n’ont pas terminé l’enseignement secondaire, le taux de chômage était, de 2003 à 2012, de 30,4 % en Belgique, contre 23,8 % en moyenne dans l’UE.

2. Le salaire minimum trop élevé. “Le salaire minimum belge est un des plus élevés au monde, pointe le professeur Cockx. Le jeune qui commence à travailler n’est pas suffisamment productif pour financer ce salaire.”

3. Les aides à l’emploi trop peu ciblées. Il existe aujourd’hui de nombreuses aides à l’embauche, attribuées pour une durée limitée. Cependant, celles-ci seraient trop peu ciblées, d’après le chercheur.

4. Le système d’enseignement inadapté : taux de redoublement record, relégation dans le professionnel pour cause d’échec plutôt que par choix, faible combinaison travail-étude,…

5. Le suivi des chômeurs trop peu ciblé. Plutôt que de vouloir accompagner tous les chômeurs au début de leur période de chômage, Bart Cockx préconise de cibler les efforts sur les jeunes peu qualifiés.

Tout au long de cette semaine, nous aborderons les thématiques clés qui entourent le problème de l’emploi des jeunes à Bruxelles comme l’intérim, l’implication de l’Union Européenne dans la lutte contre le chômage ou encore la difficulté des jeunes, diplômés ou non, à trouver un emploi.

Pauline Trouveroy et Sarah Nuyens (Ihecs)