Magali et Tina, 26 et 23 ans, cumulent les petits contrats et les stages d’attente

Les critères les plus handicapants pour trouver un emploi sont la jeunesse, le sexe et le manque de qualification. Autrement dit, être une jeune  femme peu qualifiée n’est pas un atout pour trouver un emploi. Magali et Tina, 26 et 23 ans, ont suivi deux parcours très différents : l’une a rapidement décroché un premier contrat de remplacement, mais elle peine à trouver un emploi stable ; l’autre, fraîchement diplômée, est toujours en recherche d’emploi. Témoignages.

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Magali (26 ans, puéricultrice) accumule les petits contrats 

Après ses études secondaires professionnelles en puériculture, Magali a directement trouvé un emploi à durée indéterminée. Elle ne s’était d’ailleurs jamais inquiétée pour son avenir professionnel. “J’avoue que je n’y ai jamais beaucoup réfléchi, parce que l’on m’avait déjà proposé un emploi, avant même que je ne termine mes études”, raconte-t-elle.

Mais deux ans plus tard, Magali a souhaité s’installer à Bruxelles. Elle quitte cet emploi pour un contrat de remplacement à la crèche de l’ULB. “Jusque-là, tout s’est bien passé. Puis, lorsque mon contrat est arrivé à son terme, j’ai été au chômage pendant six mois. Ça m’a semblé très long, parce que j’ai fait beaucoup d’entretiens d’embauche et qu’il n’en est jamais rien sorti de positif”, poursuit Magali. En effet, une aide à l’embauche prévoit des compensations financières pour les employeurs, dans le cas où ils engagent des demandeurs d’emploi depuis plus de six mois… Magali n’était donc pas prioritaire.

D’ailleurs, une fois passé le cap des six mois de chômage, elle a  directement reçu une réponse positive, pour un nouveau contrat de remplacement. Quelques mois plus tard, le même scénario reprend : chômage et recherche d’emploi. Aujourd’hui, Magali a à nouveau trouvé un contrat de remplacement, dans une autre crèche. Son contrat prendra fin au mois d’avril. Magali s’attend déjà à redevenir chercheuse d’emploi,dès le mois de mai. Pour la troisième fois en deux ans.

25(1)Tina (24 ans, diplômée en communication) va tenter sa chance à l’étranger

Tina vient tout juste d’être diplômée. Elle a réussi un bachelier en information et communication, un master international en communication et une thèse… Pourtant, il semblerait que ce ne soit pas suffisant pour trouver un emploi.

Cela fait six mois que Tina a fait de la recherche d’emploi son boulot à plein-temps. En parallèle à différents petits jobs, elle planche sur une tâche qu’elle juge plutôt stressante : rédiger, en veux-tu en voilà, des CV et des lettres de motivation. “Ce qui est le plus dur, finalement, ce n’est pas seulement de devoir passer des heures à écrire des lettres de motivations, c’est plutôt d’attendre des réponses, qui parfois ne viennent jamais.” C’est son “problème numéro un”, loin d’être le seul auquel les jeunes diplômés sont confrontés.

Un autre souci majeur auquel les jeunes demandeurs d’emploi font face est leur manque d’expérience. “Mais si personne n’est prêt à nous donner une première chance, comment se la forge-t-on, notre expérience ?”, s’exclame Tina. C’est pour cette raison qu’elle a décidé de se rabattre sur l’option du stage, un moyen pour continuer à apprendre, tout en mettant le pied à l’étrier.

Loin de croire que c’était gagné d’avance, mais tout de même pleine d’espoir, Tina s’est pris quelques claques, qu’elle parvient difficilement à expliquer. “On nous demande parfois de savoir parler parfaitement cinq langues, ou d’avoir déjà eu de l’expérience dans le domaine en question, comme si le master que l’on venait de décrocher ne faisait pas foi de nos compétences !” Une expérience qui pose la question de la légitimité d’un « Bac +5 » ou d’un « MsC ». Beaucoup de jeunes se retrouvent dans des situations où ils sont qualifiés, voire même surqualifiés, au point de ne plus savoir que faire de leurs compétences dont personne ne veut.

Tina a donc pris la décision de recherche un emploi au-delà des frontières belges. Après avoir essuyé plusieurs refus en Belgique, elle va tenter sa chance de l’autre côté du globe. La chambre du commerce du Benelux va d’ailleurs l’aider dans son futur parcours à… Pékin ! Sa valise et son visa sont prêts. Mais une fois que son stage en Chine sera terminé, Tina n’a pas encore de projets. Qui sait ce qu’elle rencontrera sur son chemin ?

ihecs_logo_web_612x612Kahina Meziant et Pauline Gillet (Ihecs)