Le 11h02 : «Bruxelles a besoin d’objectifs clairs pour ses jeunes»

Le Soir et l’Ihecs ont organisé, ce mardi, un débat avec Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH), Didier Reynders (MR), Christos Doulkeridis (Ecolo) et Didier Gosuin (FDF). Que retenir de leurs discussions ? Véronique Lamquin a répondu à vos questions.
Le 11h02 : «Bruxelles a besoin d’objectifs clairs» par Le_Soir 500 jeunes ont participé au débat mardi soir. Quelle était l’ambiance ? Le thème du débat était « être jeune à Bruxelles en 2014 ». L’auditoire était constitué d’étudiants en communication de l’Ihecs. La moyenne d’âge était de 22-23 ans. Nous avions choisi des têtes de liste à la Chambre et à la Région. On a entendu des propositions concrètes. Les jeunes avaient eux-mêmes choisi les thèmes du débat : l’emploi, la précarité, la mobilité et le logement. Cette génération a conscience qu’elle doit s’attendre à des emplois précaires, que le coût du logement est élevé et que les transports posent problème. Ce sont ces 3 thèmes-là qui ont finalement constitué le débat. Les 5 grands partis traditionnels étaient représentés, pourquoi pas les partis émergents ? Nous devons faire des choix, car il n’est pas possible d’inviter tout de monde afin que le débat puisse être bien géré. Un énième débat. Et puis ensuite ? On aurait pu parler de bien d’autres choses. Les gens sont venus avec des questions concrètes et les invités politiques ne sont pas venus à table pour s’attaquer entre eux. Par rapport à la gratuité des transports, par exemple, il y a eu un discours courageux disant qu’il était impossible d’instaurer la gratuité des transports. On n’a pas entendu de promesses mirifiques… Vu les urgences à Bruxelles, tous les partis sont unanimes sur les priorités : emploi, enseignement et formation. 30 % des jeunes sont au chômage et la plupart sont infra-qualifiés, il faut les aider. Tout le monde sait qu’on ne s’en sortira que de cette manière-là à Bruxelles et tous les partis en ont aussi conscience. Les jeunes présents dans l’auditoire avaient-ils des expériences concrètes ? Oui, ce sont des jeunes qui résident à Bruxelles et qui en connaissent bien les difficultés. En matière de logement, par exemple, la prise de conscience est unanime pour diversifier les solutions car les logements sont impayables. Les propositions des partis étaient raisonnables. Le budget de la Région va-t-il augmenter ? Son budget va augmenter car la région va être refinancée. Elle va aussi avoir de nouvelles compétences et il faudra donc faire des choix clairs. La Réforme de l’Etat permettra l’attribution d’aides à l’embauche. C’est sur les jeunes qu’il va falloir reconcentrer les moyens, sur certains projets, afin de ne pas trop disperser l’enveloppe mais de la concentrer. Ce sont des discussions qui auront lieu à partir du 26 mai. Peut-on parler d’une vraie prise de conscience de la part des politiques ? On se rend compte qu’il faut changer les choses à Bruxelles. C’est une région qui est devenue adulte. Certaines choses ont changé depuis sa création. Bruxelles a besoin qu’on définisse des objectifs clairs et la prise de conscience est généralisée dans le monde politique. Cette ville a connu un boom démographique, elle comptera 1. 200.000 personnes en 2020. La 6e Réforme de l’Etat enlève un peu l’hypothèque qui pèse sur la Région bruxelloise. Tous les ténors politiques s‘y investissent, c’est un signe. Ses habitants aussi se mobilisent. Les jeunes spectateurs du débat ont parlé de problématiques de la vie de tous les jours et ce débat était enrichissant et rassurant. Les questions purement politiques avaient été écartées ? L’idée était de tenir le débat sur des éléments concrets. D’autres débats seront-ils organisés par notre journal ? Oui il y en aura d’autres. Le service monde organise un débat sur l’avenir de l’Europe, ce vendredi soir au passage 44 (inscriptions via le site du Soir). Lundi soir, au Théâtre national, avec tous les présidents de partis à l’exception de Bart De Wever qui sera remplacé par Ben Weyts, on parlera de socio-économique. Le débat sera animé par Béatrice Delvaux, avec nos collègues du « Standaard ».