Ardentes : l’heure du débrief’

Les Ardentes, c’est fini. Enivrant ou soporifique ? Mémorable ou à oublier ? C’est l’heure du débriefing, teinté d’une légère dose de mauvaise foi.

tflop

Inédit : des chauffeurs chaleureux
Si les organisateurs voulaient dissuader les Liégeois de prendre leur voiture pour venir au festival, c’est franchement réussi ! Quand on vous propose des navettes entre le site et la gare des Guillemins jusqu’à 8 heures du matin (et ce, tous les quarts d’heure !), ça donne quand même envie d’essayer les TEC. Mais ce qui vous pousse à y retourner le lendemain, c’est aussi l’enthousiasme des chauffeurs. Dans mon souvenir d’étudiant liégeois, le conducteur des TEC qui reprenait les épaves au milieu de la nuit était plutôt un type nerveux, grincheux, qui n’hésitait à faire descendre les trublions. Aux Ardentes, ces chauffeurs contribuaient presque à rendre le trajet agréable. Comment ? En annonçant les arrêts au micro, en nous souhaitant d’aller faire “La fête” sur l’air de Stromae, ou encore en précisant que les navettes “s’arrêtent un peu plus tôt le dimanche” (4 heures du matin), ce qui leur permettra d’honorer leur devoir conjugal (sic). On en redemande !

Vu et revu : des smartphones encombrants
La star s’apprête à débarquer. Vous pensez avoir choisi une place stratégique parmi la foule, derrière deux demi-portions qui ne devraient pas vous gâcher la vue. Arrivent les premières notes… et c’est là que ces modèles réduits juste devant vous ne trouvent rien de mieux à faire que de sortir leur smartphone (dont l’écran ne vous a jamais semblé aussi grand), et à filmer l’intégralité du concert, les bras bien tendus. Insupportable. Puis surtout, quel intérêt ? A l’heure du DVD, personne n’a envie d’aller regarder vos vidéos médiocres, où le son est pourri, et où le jeu de lumière est incomparable au “live”. C’était mieux quand les fans se contentaient d’agiter leur briquet dans les airs…

Euphorisant : l’ambiance chez Joe
Joe et son bar ambulant ne se déplacent qu’aux Ardentes et à Werchter. Et, entre deux concerts, Joe met des fûts en perce, quelques modèles sur le podium, et envoie du gros son. Ca ressemble à une grosse “garden party”, mais qu’est-ce que c’est bon ! Au point que parfois, on attend avec impatience la fin d’un concert médiocre pour aller se chauffer trois quarts d’heure chez Joe.

Déprimant : l’enthousiasme de Milky Chance
Le type s’amène sur scène le dimanche à 17 heures, jour où les festivaliers commencent tout doucement à s’user. Il n’y peut rien, le type, ce n’est pas lui qui a fait la programmation. Certes. Mais on sait qu’il ne faut pas grand chose aux Liégeois pour s’enflammer. Avec son “I want you, we can bring it on the floor”, Milky Chance avait un tube en or pour remettre les moteurs en route dimanche soir. Las, il m’a fait plutôt fait craquer pour un tube de Prozac.

Poignant : l’hommage à Cesaria
“Tu m’as foutu les poils”, dirait un juré peu inspiré d’un télé-crochet musical peu recommandable. Mais, dans certains cas, il n’y a pas grand chose à dire de plus. Quand Stromae entonne son “Ave Cesaria”, il parvient à rendre un hommage à la fois dansant et vibrant à celle qu’on surnommait la diva aux pieds nus. Résultat: frisson et oeil humide ! Beau moment. Grand moment. Très grand moment!

Rasoir : l’attente à l’entrée
Les deux premiers jours, ça s’impatientait pas mal à l’entrée du festival. 45 minutes de queue en moyenne pour mettre les pieds sur le site, c’est long. Il faut dire que la sécurité pratiquait une fouille intégrale. Et rien ne passait, même le sandwich dans le fond du sac pour éviter de payer un cornet de pâtes à 6 euros. Dur.

Chic : la gourde de Maitrank
Difficile de définir le parfait look du festivalier. Mais un accessoire atypique avait la cote : la gourde de Maitrank. Equipée d’une cordelette rouge, cette gourde de 75 cl se passe autour du cou, et pendouille au niveau abdominal, même si Maitraik et abdos ne vont pas forcément de pair. En effet, ce breuvage originaire d’Arlon est assimilable à une vin sucré dopé avec du Cognac et de l’orange. Et plus que la gourde, c’est sans doute le quartier d’orange qu’on glisse dans son verre pour accompagner la boisson qui donne l’allure du festivalier chic.

Fagoté : sérieux, des talons ?
A l’inverse, certains semblent ne pas tout à fait avoir compris où ils mettaient les pieds. S’il est très chic de sortir aux “Jeux” à Bruxelles avec sa plus belle robe, la plaine liégeoise, transformée pour l’occasion en un véritable champ de boue, n’est certainement pas l’endroit pour sortir ses hauts talons et ses paillettes. Pourtant certaines ont sorti la panoplie. Le premier jour, on peut se faire piéger. Après quatre jours, on devient la risée des festivaliers. Pas glam’ du tout!