Emploi des jeunes: l’embellie

La situation s’améliore pour les moins de 25 ans. La baisse s’installe durablement. Grâce à la conjoncture, à l’intérim et aux aides.

CHOMAGE EN BAISSE

 

Le Forem et Actiris, les agences de l’emploi wallonne et bruxelloise, ouvrent des yeux émerveillés : le chômage des jeunes est en pleine décrue et le phénomène semble s’ancrer dans la durée. Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans est en diminution depuis six mois, tant en Wallonie qu’à Bruxelles, et depuis quatre mois en Flandre.

Au 30 juin dernier, il y avait 12.100 jeunes sans emploi à Bruxelles et 40.487 en Wallonie. L’année dernière à la même époque, ils étaient 43.270 en Wallonie et 13.193 à Bruxelles. Pour les deux régions, la baisse atteint donc 7 %. Cette évolution semble même avoir surpris les deux institutions qui ont mandaté leurs services d’étude pour déterminer les raisons de cette embellie, afin de tenter d’accroître encore la tendance. Les conclusions sont proches.

La conjoncture. Restons modestes : la principale raison de cette embellie réside plus que probablement de l’amélioration du climat économique. « Lorsqu’une reprise intervient, les jeunes sont souvent les premiers à en profiter, explique Jean-Marc Manfron, responsable des analystes du Forem. En temps de crise, les entreprises licencient souvent les plus jeunes, qui n’ont pas autant d’expérience que les autres. Et ces jeunes, disponibles en plus grand nombre sur le marché de l’emploi, sont souvent plus vite réengagés quand la reprise revient. » A Bruxelles aussi, on pointe la reprise économique comme un facteur important. « Les jeunes sont davantage sensibles aux variations de la conjoncture que la population plus âgée. Cette forte sensibilité s’explique par le fait qu’ils sont surreprésentés dans les candidats à l’embauche », dit-on au service d’étude d’Actiris. Un autre argument plaide pour un effet lié à l’embellie économique : le chômage des jeunes baisse partout, même si la baisse a commencé plus tôt et est plus durable en Wallonie et à Bruxelles.

L’intérim.
L’emploi des jeunes profite aussi du regain du marché de l’intérim. « Depuis plusieurs mois (novembre 2013, NDLR), on constate une reprise du travail temporaire, poursuit Marc Manfron. Et l’intérim emploie beaucoup de jeunes. »

Les aides à l’emploi.
Les organismes de l’emploi n’attribuent toutefois pas seulement la hausse à la conjoncture positive. Ils estiment, sans pouvoir le chiffrer facilement, que les nombreux programmes d’aides à l’embauche ont pu avoir un effet bénéfique pour les moins de 25 ans. « Les mesures d’aides à l’embauche sont très ciblées sur les jeunes. Et leur retour à l’emploi s’explique très certainement en partie par ces mesures. Il est difficile de savoir ce qui est dû à la conjoncture et ce qui résulte des mesures politiques, mais le phénomène a joué, et heureusement », dit Jean-Marc Manfron. Il s’agit de mesures telles que l’accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi, ou encore les stages en entreprise. Bruxelles a aussi intensifié ses relations avec les employeurs, au bénéfice des plus jeunes.

D’autres explications. Les organismes de l’emploi avancent d’autres explications, avec moins de certitude : des effets démographiques en Wallonie (il y a davantage de travailleurs âgés que de jeunes), et une tendance, à confirmer, d’un allongement des études pour les moins qualifiés. Wallons et Bruxellois espèrent à présent que la courbe ne s’inversera plus, mais n’en ont pas la certitude.

BERNARD DEMONTY