Faut-il imposer des examens d’entrée à l’unif?

Photo: Belga. Photo: Belga.

Plus de 60% des étudiants échouent en première année.

Les chiffres sont spectaculaires : en Belgique, la majorité des étudiants échouent en première année d’unif et n’ont pas d’autre choix que de recommencer une année, se réorienter ou arrêter. En 1e année d’université, les étudiants de première génération (ceux qui n’ont jamais fait l’université avant) sont 36,6 % à réussir (33 % chez les étudiants, 39,6 % chez les étudiantes). Les statistiques d’échec en première année sont cruellement marquées par l’origine scolaire de l’étudiant. Le taux de réussite s’élève ainsi à 45 % chez les élèves issus du secondaire général et qui n’y ont jamais redoublé, à 26 % chez ceux issus du général et qui y ont redoublé, à 24,8 % chez les élèves issus du technique de transition et qui n’y ont jamais redoublé, à 9,9 % chez ceux issus du technique de transition et qui y ont redoublé, à 5,3 % chez ceux issus du technique de qualification, à 5 % chez ceux issus de professionnelle. Cette hécatombe touche de manière égale unifs et grandes écoles.

Ce taux élevé d’échec a un coût. Pour l’étudiant qui “perd” une année pour laquelle il a payé un minerval, éventuellement un loyer pour un kot, des syllabi… Mais aussi pour le contribuable. En 2012, un étudiant universitaire coûtait, en moyenne et par an, 7.992 euros à la Communauté française, selon les indicateurs de l’enseignement.

Le passage à l’unif peut être rude: parfois peu de cours où la présence n’est pas obligatoire, rythme soutenu durant les blocus, obligation d’être très autonome et de “s’auto-discipliner” pour étudier alors même que les universités belges proposent des activités périscolaires particulièrement riches. La faute aussi à une mauvaise orientation des élèves ou à un manque de préparation.

Quelles pistes développer pour éviter un tel taux d’échec ? Instaurer un système de sélection, compensé par des aides à la préparation des élèves ? Rendre la présence aux cours obligatoire ? Encourager la prise d’une années de coupure entre les humanités et l’unif (expérience à l’étranger, associative, …) pour laisser les élèves mûrir leur choix d’orientation ? Donnez votre point de vue dans le sondage et les commentaires en dessous de l’article.