“L’unif, c’est beaucoup trop tard pour apprendre les langues”

L’unif est-elle responsable de l’échec du bilinguisme chez les francophones ? Pour 69% d’entre vous, la réponse est non. Dans les commentaires de notre dossier dédié à l’apprentissage des langues à l’unif, vous avez été nombreux à partager votre expérience et votre point de vue sur la question. 

Photo Bertrand Bechard / MAXPPP Photo Bertrand Bechard / MAXPPP

Mention “peut mieux faire”

Pour certains d’entre vous, l’apprentissage des langues à l’unif est insuffisant ou inadapté : “J’aurais tendance à dire qu’elle pourrait faire (bien) davantage pour aider ses étudiants à progresser : trop peu d’heures, trop peu de services linguistiques“, estime Jean-Claude. Même constat du côté de Sarah : “De mon expérience les cours de néerlandais n’étaient pas obligatoires et 5 ans sans pratiquer, c’est suffisant pour perdre les très faibles bases que le secondaire apporte.

Pas le rôle de l’unif

C’est dans le maternel, primaire et secondaire que l’on doit apprendre les langues. Celles-ci doivent nous aider à étudier à l’université“, soutient Guy. Le rôle du secondaire semble déterminant pour beaucoup d’entre vous : “L’unif, c’est beaucoup trop tard pour apprendre les langues et ce n’est pas le lieu pour le faire. Si un jeune de 16 ans ne se rend pas compte de l’importance primordiale de connaître deux voire trois langues avant de faire ses études supérieures, c’est qu’on l’a mal informé. Les langues, cela s’apprend partout“, souligne Steve. Olivier confirme, “l’enseignement secondaire ne remplit plus son rôle” : “Une certaine Laurette Onkelinx avait déclaré :  ”tous bilingue en 2001″, évidemment, on est loin du compte. Si ce débat montre une chose, c’est bien le triste état de l’enseignement secondaire, non seulement il ne remplit plus son rôle, mais il ne vient même plus à l’idée qu’il pourrait avoir un rôle.

Parfaire plutôt qu’apprendre

L’unif devrait pouvoir permettre à l’étudiant de parfaire son niveau voire d’acquérir des compétences dans son domaine de prédilection selon Tony Meuter : “Un ingénieur devrait pouvoir communiquer dans son domaine professionnel en néerlandais et en allemand, au lieu de se limiter au tout-anglais qui donne peut-être l’impression d’être “international”, mais qui s’avère inutile lorsqu’il faut aborder des marchés voisins importants comme les Pays-Bas et l’Allemagne.

Les résultats de notre sondage

A la question “l’unif est-elle responsable de l’échec du bilinguisme chez les francophones?”, vous êtes 26% à avoir répondu “oui” et 69% “non”, 5% sont “sans avis”.

Marine Buisson