Maxime Prévot : « L’unif m’a appris la rigueur et la convivialité »

10_prévotMaxime Prévot, le nouveau ministre wallon des Travaux publics et de la Santé, est licencié en Sciences politiques (orientation Affaires publiques) des Facultés de de Namur et de l’UCL. Il est aussi diplômé d’études spécialisées en droit et gestion des nouvelles technologies de l’information (Namur). Il nous raconte son expérience universitaire.

Quel est votre meilleur souvenir d’université ?

Il est double. D’une part, je me rappelle de la rigueur avec laquelle le professeur Wynants donnait son cours d’histoire. Il était très méthodique et l’on savait qu’avec lui chaque mot devait être pesé. Tandis que des professeurs de philosophie étaient très différents dans la manière de donner leurs cours. Il y avait donc une différence entre la rigueur extrême et des envolées plus lyriques.

D’autre part, il y avait les à-côtés de l’université, dont certainement la période de guindaille. J’étais impliqué, dans les comités de baptêmes,…

J’en ai gardé le souci d’être rigoureux dans le travail, pour moi-même et mes collaborateurs. Mais aussi la volonté de nouer des rapports de convivialité, considérant que les deux sont compatibles. Aujourd’hui encore, je nourris des amitiés liées à l’université, nées de guindailles,…

J’ai donc gardé d’excellents souvenirs de l’université. C’est très riche en ce qui concerne les profils que l’on peut rencontrer et il faut aussi vivre pleinement les à-côtés, les moments de guindaille qui font aussi partie de l’équilibre.

Sur le plan professionnel et personnel, l’université a-t-elle eu des conséquences directes sur votre vie ?

En fait, au départ, je voulais rentrer à l’Ecole royale militaire pour devenir officier de gendarmerie. Mais il y avait des critères, de poids et de taille que je remplissais, mais aussi de vue et j’ai été recalé pour myopie. Ce qui m’a amené à me dire que j’allais faire une licence puis me faire opérer des yeux et intégrer ensuite l’Ecole militaire.

J’ai choisi Sciences Po. Ce n’est pas cela qui m’a amené à faire de la politique, mais cela a amplifié l’intérêt que j’avais pour la politique puisque je militais au PSC depuis mes 18 ans. Sciences Po a donc été une caisse de résonance, mais pas l’élément déclencheur de mon entrée en politique.

Par contre, ma spécialisation en droit des nouvelles technologies de l’information a eu une influence sur mon parcours professionnel : cela a éveillé l’intérêt de PricewaterhouseCoopers qui m’a fait signer un contrat avant même la fin de mes études.

En parallèle, j’ai poursuivi mon engagement militant. Et, en 2004, Joëlle Milquet m’a demandé de devenir son directeur politique au CDH, quand elle a ramené le parti aux affaires. C’est une responsabilité que je n’aurais sans doute pas pu assumer si je n’avais pas été universitaire puisque je devais coordonner l’ensemble des collaborateurs universitaires. Le diplôme universitaire était donc une sorte de pas-de-porte. Même si être universitaire n’est plus une garantie d’emploi, cela reste incontestablement une carte maîtresse pour décrocher un job.

Propos recueillis par Martine Dubuisson