Muriel Gerkens (Ecolo): “Ce n’est pas à l’unif qu’émergent les nouveaux modes de pensée”


Photo: Bruno D'Alimonte. Photo: Bruno D’Alimonte.

Muriel Gerkens est députée Ecolo. L’unif a été déterminante pour cette psychologue de formation même si elle concède ne pas avoir eu envie de s’y éterniser…

Qu’avez-vous fait comme études ?
J’ai étudié la psychologie à Liège. J’avais choisi, pour les licences, l’option « Psychologie sociale ». A l’époque, cette notion n’était pas super définie : au-delà de la psychologie des organisations, c’était assez flou. Mais c’était l’époque où se concrétisait, notamment en Italie et au Royaume Uni, la théorie de l’antipsychiatrie. C’est-à-dire l’idée que la folie, la maladie mentale, étaient liées à l’organisation de la société. Et qu’il fallait permettre à ces personnes de rester actrices de leur vie, de retrouver leur lien avec la société. Donc de ne pas les enfermer dans des asiles, mais de travailler en milieu ouvert. Nous étions très peu nombreux dans ma section, une douzaine, mais nous nous sommes passionnés pour ça, et nous avons énormément travaillé là-dessus.

Pendant vos études ?
Oui. Et après ! Nous avons œuvré à la création de milieux ouverts, que l’on appelle aujourd’hui les services d’accompagnement. Il y a notamment un service qui a été créé à Liège par un quelqu’un qui étudiait avec nous.

Cela vous a donc influencé ?
Ah oui ! Non seulement pendant mes études, mais par la suite, puisque j’ai travaillé dans le domaine, de 1983 à 1999. Cela a aussi influencé ma façon de voir les choses en général.

Et l’université a forgé votre conscience politique ?
Non. Simplement, à l’époque, le parti Ecolo était le seul qui était en phase avec les idées que nous défendions, cette notion de milieux ouverts. Mais, pour le reste, je n’ai pas une conception idyllique du monde universitaire. Je trouve d’ailleurs que ce n’est pas à l’unif que se concevaient les nouvelles réflexions, approches ou méthodologies sociales, ou sociétales. Ce n’est pas à l’unif qu’émergent les nouveaux modes de pensée. Ils viennent de l’extérieur, ou des mobilisations étudiantes ; c’est alors que les universités se mettent à bouger. C’est en tout cas l’expérience que j’en ai.

Vous aimiez l’unif ?
En tout cas, dans ma faculté, il y avait un vrai dynamisme estudiantin, une ambiance très festive aussi. Mais moi, très vite, j’ai eu envie de travailler, je n’avais pas envie de m’éterniser à l’université.

Propos recueillis par V.La.