François Fornieri (Mithra Phramaceuticals) : « Mon père, ouvrier chez Cockerill, ne voulait pas que je fasse l’université »

François Fornieri. Photo Le Soir François Fornieri. Photo Le Soir

Petit-fils d’immigrés italiens, fils d’ouvrier sidérurgiste à Liège, le CV de François Fornieri (52 ans) sert régulièrement de canevas pour décrire une success story «à la wallonne».

Délégué médical chez le français Sanofi puis responsable des ventes de la société allemande Schering au Benelux, on le connaît aujourd’hui comme patron de Mithra Phramaceuticals (santé féminine et contraception) développé en spin off de l’université de Liège, manager de l’année 2011, «élevé au rang d’officier du Mérite wallon» (si si, ça existe) en 2012, actuellement porteur d’un vaste projet de développement de nombreuses filiales, en Belgique et à l’étranger, et d’un centre de recherche, développement et production en région liégeoise.

«Ça peut paraître surprenant mais je n’ai pas fait l’unif. J’ai fait des études d’ingénieur industriel à l’Isil à Liège, en chimie. Mais j’ai fait mon mémoire de fin d’études à l’ULg. On avait le choix entre faire son mémoire en entreprise ou à l’unif, j’ai choisi l’unif. Le professeur qui supervisait le mémoire m’avait proposé de choisir entre cinq sujets, notamment en chimie métallurgique. J’ai fait les cinq. Et dans ce cadre, j’ai travaillé quelques mois à l’université. J’ai monté un petit labo de biotechnologie, chez eux, dont j’avais les clés, je venais quand je voulais, parce qu’il fallait que je suive le développement de bactéries. Ils en étaient très fiers. Moi, j’aurais voulu faire l’université mais papa était ouvrier chez Cockerill, ce n’était pas simple. N’empêche, les cinq enfants ont fait des études. Je sais que j’avais toujours ce goût de trop peu»

«Les guindailles d’étudiants, pour moi, c’était plutôt en secondaire, quand j’étais au collège Saint-Servais. Après, à l’Isil, j’étais plutôt sport sur le temps de midi et bloque. Les sorties, ce n’est pas facile de concilier les deux. Mais c’est essentiel dans l’équilibre. Il faut aussi un peu de déconne, il faut vivre ces moments-là quand on a l’âge de les vivre.»

Eric Renette