Laurette Onkelinx : « L’université, ce fut une chance, et comment ! »

La vice-Première et ministre des Affaires sociales et de la Santé revient sur ses années à l’université.

Photo Sylvain Piraux

 

Que retenez-vous de vos années unif ?

C’était entre 1976 et 1981 (avec Thierry Giet, Didier Reynders…), en faculté de Droit. Elles ont représenté un « choc » avant tout. Un choc social et culturel. Issue du monde ouvrier, et avec l’accent liégeois, je n’étais absolument pas préparée à aller à l’université.

Des professeurs m’ont ouvert à des univers intellectuels insoupçonnés, des univers de réflexion, de connaissance… Je pense, entre beaucoup d’autres, à François Perin, Charles Goossens, Lucien François. J’ai croisé et rencontré des personnes avec lesquelles j’ai gardé le contact, des relations durables.

Ces années à l’université ont aussi été celles de l’ « engagement » par rapport aux injustices dans la société. Ce n’était pas un engagement « politique », je ne militais pas encore dans un parti. Je m’investissais dans des associations : je travaillais avec la FGTB dans une aide de première ligne, s’agissant de conseils en droit destinés à la population défavorisée. Je m’étais investie aussi dans une association pour femmes battues. Il y avait là une forme de conscientisation politique, avant la militance au PS. Ce furent aussi des années de protestation, de manifestations, sur l’accès à l’université, le coût des études…

Quel impact ont eu ces années unif sur vous ?

En plus de ce que je viens d’expliquer, et en précisant que, dans ma vie professionnelle, j’ai rencontré des gens très intéressants qui n’avaient pas été à l’université et d’autres parfaitement inintéressants qui, eux, avaient fait l’unif, après ces précisions donc, je dirai que, pour ce qui me concerne, ce fut une chance d’aller à l’université et comment !

Je m’en rends compte tous les jours, en termes de « méthode de travail », la façon d’aborder et de saisir la réalité économique et sociale… Les années unif et de Droit en l’occurrence, m’ont apporté la précision dans le raisonnement, la faculté de décoder rapidement et exactement un corpus de règles, également de comprendre que ce corpus peut être changé. Rigueur, et changement.

David Coppi