Marc Raisière (CEO Belfius): “J’aimais tellement l’unif que je ne voulais pas travailler”

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Marc Raisière est CEO de Belfius depuis 2012. Cet ancien manager d’AXA raconte avoir plus appris sur son métier en tant que président de cercle que par les cours.

 

Vos études vous ont préparé à votre vie professionnelle ?

J’ai fait l’UCL pendant six ans : quatre ans de licence en mathématiques et deux années en actuariat. S’il y a quelque chose qui me vient en tête, c’est que ce fût l’une des plus belles périodes de ma vie. Vraiment. Pas obligatoirement pour les cours que j’ai suivis, mais pour l’esprit et la vie estudiantine dans sa globalité. J’ai le plus appris pour ma future vie professionnelle lorsque j’ai été président du cercle de mathématiques et de physique. J’ai eu à gérer un groupe de collègues étudiants. Nous étions responsables de la livraison des bouquins, de l’esprit du cercle (c’est-à-dire organiser des soirées et des guindailles). Il fallait assurer un sandwich bar ou une relation avec les professeurs. Tout ça m’a confronté, à un niveau beaucoup plus festif, à la gestion d’un groupe de personnes. J’ai vraiment appris d’un point de vue humain. On ne pouvait pas avoir un cercle qui ne faisait que des guindailles, mais il fallait aussi qu’il serve de bons bouquins. J’ai beaucoup appris.

Et les cours ?

Ça c’était à la fin de ma licence en mathématiques. Puis j’adorais tellement les études universitaires que je n’avais aucune envie de travailler. Je devais choisir la suite pour le justifier vis-à-vis de mes parents quand même. J’avais le choix entre l’informatique, la gestion et l’actuariat. L’informatique ne m’intéressait pas du tout. Je ne trouvais pas que la gestion puisse épanouir mes connaissances. Donc j’ai choisi l’actuariat parce que je ne connaissais pas du tout ! Est-ce que j’ai été passionné par ces études ? Non. J’ai été passionné par deux professeurs : le professeur Jaumain et le professeur Golier. Au-delà de la matière, ils m’ont fait comprendre que l’on pouvait transformer l’assurance en quelque chose de proche des clients, bien maîtrisé, avec une vision sur la problématique des retraites. Ces deux personnalités, certainement celle de Jaumain, m’ont passionné au-delà des cours. Ils m’ont enthousiasmé à rejoindre la vie professionnelle. L’actuariat, ce ne sont pas des études très drôles. Je dis toujours que les actuaires sont particulièrement brillants pour prévoir le passé ! Ce sont des études statistiques, mais ces professeurs ont changé ma vie. Ils m’ont fait comprendre que ces statistiques avaient un objectif : gérer la vie des entreprises et protéger la société. C’est leur personnalité qui m’a passionné. L’actuariat m’embêtait plus qu’autre chose.

Morgane Kubicki