Taux d’échec en 1ère bac : « Il faut privilégier l’encadrement »

Le taux d’échec en première année, même s’il n’est neuf, constitue un réel problème lors de l’entrée à l’université. Quelles pistes pour remédier à cela ? Un examen d’entrée systématique permettrait-il de régler le problème ?

Photo: Belga. Photo: Belga.


Même si la question fait débat, peu de personnes semblent penser que l’examen d’entrée systématique soit une piste à explorer. « L’examen d’entée constitue un des types de barrières à l’accès à l’enseignement supérieur explique Corinne Martin, présidente de la FEF. Le libre accès social et culturel doit être légion et l’ascenseur social ne doit pas être en panne ! »
Comme le souligne Marc Lits, prorecteur à la formation et à l’enseignement de l’UCL, certaines matières ne se prêtent d’ailleurs pas à l’examen d’entrée. « C’est facile pour les sciences exactes mais pour la psychologie par exemple, comment évaluer un étudiant qui n’a jamais été confronté à cette matière ? » Plutôt qu’un examen éliminatoire, la piste d’un test d’aptitude, non contraignant, est lancée. « L’idée est de confronter l’étudiant à la réalité et de lui montrer ce qui l’attend » explique Albert Corhay, premier Vice-recteur et recteur élu de l’ULG . « Le mot d’ordre c’est vraiment d’informer l’étudiant et de lui faire prendre conscience de la réalité universitaire. »
« Personne n’est apte ou inapte aux études supérieures » insiste Corinne Martin. De plus, comme l’explique Marc Lits, « il est faux de penser qu’on ne peut pas se réorienter directement . Bien souvent, un changement d’option est encore possible jusqu’à la fin octobre. » En effet, l’échec en 1ère bac est souvent dû à une mauvaise appréhension de l’orientation choisie et à une vision floue du métier visé.
Pour augmenter le taux de réussite, un encadrement renforcé est également nécessaire. « Il est faux de considérer que le processus de formation s’arrête à la fin des secondaires insiste Corinne Martin. Notre enseignement secondaire est d’ailleurs l’un des plus inégalitaires et encadrer les étudiants est une nécessité. » Dans la quasi totalité des universités belges, des programmes de remédiation et d’aide à la réussite existent d’ailleurs.
Enfin, une meilleure articulation avec l’enseignement secondaire paraît cruciale pour augmenter les chances de réussite des étudiants. « Les programmes pourraient par exemple être adaptés et mieux préparer à l’enseignement supérieur fait remarquer Marc Lits. Actuellement, on peut entamer n’importe quelles études, peu importe la filière suivie en secondaire .Il faut repenser cela pour plus de cohérence. »
Dans tous les cas, aucune solution miracle ne semble transparaître et « être trop catégorique dans un sens ou dans l’autre serait contreproductif » conclut Albert Corhay.