Xavier Magnée : “En sortant de l’unif, nous avions véritablement des têtes bien faites”

Xavier Magnée, est un célèbre avocat bruxellois. Docteur en droit et licencié en études européennes, il a notamment défendu Marc Dutroux. Son parcours universitaire l’a conduit de Leuven à Bruxelles.

 

Xavier Magnée Xavier Magnée

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l’université?

D’excellents souvenirs. J’avais passé mes années secondaires au collège Saint-Pierre. Philosophiquement, il était parfaitement logique que mes études supérieures se déroulent dans une école catholique. Je suis donc parti pour deux années de candidature à Leuven-Louvain en 1955 et 1956.

Mon choix aurait pu se porter sur Saint-Louis, mais je voulais connaître la vie d’étudiant dans une ville universitaire. Je me suis donc inscrit en philo et lettres. J’y ai reçu un enseignement d’une incroyable qualité. En sortant de ces deux années de cours dispensés par les chanoines, mais aussi des professeurs laïcs, on avait véritablement une tête bien faite et un sens de la logique acéré. La candi en poche, j’ai poursuivi des études de droit à l’Ulb pendant trois ans.

Quel impact ont eu ces années étudiantes sur votre vie?

Mon destin a été très marqué pendant mes études. L’impact des cours a été très fort. Le plus important était sans doute la proximité que nous, étudiants, avions avec nos professeurs. Lors de mon doctorat à Bruxelles, nous étions maximum quarante en classe. Les cours consistaient plus en une conversation entre profs et étudiants qu’en des leçons ex cathedra. Il s’agissait véritablement d’un enseignement sur mesure. C’était un peu moins vrai pour mes années de candi où différentes orientations suivaient ensemble le même cours et lors desquels jusqu’à 300 étudiants se retrouvaient simultanément en amphithéâtre.

Un souvenir marquant?

J’ai une anecdote: Je me souviens d’avoir été très bien accueilli à l’Ulb, même si je venais d’une école catholique. On ne m’a jamais traité de calottin. Mais à mon baptême à l’ULB, on m’a demandé si j’étais déjà baptisé. J’ai répondu que oui, à deux reprises même. A ma naissance et à Louvain. Du coup, on m’a surnommé “Le cardinal”. C’est donc déguisé en cardinal que j’ai défilé à la Saint Verhaegen et je baptisais les passants.

Propos recueillis par Thomas Casavecchia