La chronique: Bière ou biberon?

Au travail, à la cuisine, sur la route, dans la vie de tous les jours : il y a des moments où l’on se dit qu’avoir 25 ans aujourd’hui, c’est un doux mélange de grosses galères et de petites merveilles au quotidien. Chaque semaine, découvrez la chronique #25 sur le blog et dans la rubrique “Vie quotidienne” du journal.

eloEn classe de maternelle, on est tous pareils. C’est le stade plasticine, toboggan et théâtre de marionnettes. Tout juste peut-on, au départ, distinguer deux groupes, qui finissent (à quelques exceptions près) par se rejoindre : ceux qui remplissent encore leur couche et ceux qui posent fièrement leur séant sur les cuvettes des grands. Après les primaires, c’est peut-être une fois encore dans le slip qui gratte ou la culotte qui chatouille que se fait la différence : il y a ceux, celles qui ont déjà vu le loup, et les autres. Mais, en règle générale, nous sommes tous au même stade, avec des préoccupations identiques : réussir l’interro de math, glousser avec ses copines, frimer avec ses potes, … Une fois dans le supérieur, tous dans le même bateau : l’objectif est de réussir. Nous évoluons à peu près tous dans le même univers, avec des cadres comparables. Il n’y a pas milles options, et elles ne sont pas si éloignées : on peut faire une haute école, tenter l’unif, réussir ou foirer ses exams, vivre chez ses parents ou en kot, sortir un peu, beaucoup, à la folie… rarement pas du tout.

C’est en réalité à 25 ans que nos vies prennent des tournures radicalement différentes. Pour la première fois, on peut avoir exactement le même âge et avoir des existences qui semblent à des années lumières les unes des autres. Qu’ont encore en commun une jeune mère de famille, qui rénove sa baraque fraîchement acquise (oui, oui, ça veut bien dire qu’elle achète !) et s’inquiète du rhume de son chien, et une jeune célibataire en coloc, qui galère entre deux emplois instables, sort tous les week-ends jusqu’au bout de la nuit et n’a absolument mais alors là absolument pas envie d’avoir un môme dans les pattes? Bien entendu, entre ces deux extrêmes, il y a une infinité de variations… Mais à 25 ans, on a par moment comme l’impression que le monde se divise entre ceux qui poursuivent le rêve Mariage-maison quatre façades-gosses et ceux qui le refusent ou à tout le moins le reportent pour encore quelques années. 25 ans, c’est parfois le moment où on n’a plus rien à dire à ses vieilles copines et où on se demande, entre nostalgie et déprime, si ça reviendra ou si à un moment donné, les chemins doivent bien se séparer, par manque d’affinités…

Simplement, comme disait l’autre, il y a les « #25 » et les « vingt-cinq ans »…

Et puis heureusement, 25 ans, c’est aussi la saison des mariages. Alors après quelques coupes de champagne (sauf pour celles qui étrangement ce jour-là carburent au coca), gosses ou pas gosses, coloc ou prêt, ville ou campagne, on finit quand même tous sur la piste. Les vieux potes, les copines de rhéto, c’est pas si mal finalement.