La chronique : ” Ma coloc’, pas tout à fait l’auberge espagnole”

Au travail, à la cuisine, sur la route, dans la vie de tous les jours : il y a des moments où l’on se dit qu’avoir 25 ans aujourd’hui, c’est un doux mélange de grosses galères et de petites merveilles au quotidien. Chaque semaine, découvrez la chronique #25 sur le blog et dans la rubrique “Vie quotidienne” du journal.

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Quand tu dis aux gens que tu habites en colocation avec huit personnes, tu as le droit à deux réactions. D’abord, un sentiment de pitié : « Oh la pauvre, elle n’a pas pu faire autrement pour survivre financièrement ». Ce qui n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux…

Oui, parfois crevée après une longue journée de vie active, j’aimerais rentrer dans mon appartement le soir et ne plus avoir à sociabiliser avec les amis des amis de ton coloc Gui, installés dans la cuisine pour un souper retrouvailles. Ou de me retrouver à ramasser les affaires de Sarah laissées partout dans la cuisine, sa vaisselle, ses fringues… Si bordel à ranger il y a, je préfère que ce soit le mien. Mais assumer un loyer seule sur Bruxelles, c’est difficile après un an de travail.
À l’inverse, il y a des moments où je n’échangerais pour rien au monde ma maison à étages avec un deux-pièces. Par exemple, quand j’ai la flemme de cuisiner et par que miracle ce soir, Jean fait la cuisine. J’apprécie prendre ma douche dans une salle de bain toute propre parce que Marie avait du temps alors elle l’a fait à ma place !

Ensuite pour certains, la vie en coloc’ alimente leurs fantasmes : « Ah vous êtes quatre filles quatre garçons ?! Et il y a des histoires entre vous ? ». Je ne sais pas ce qu’ils imaginent… Une communauté hippie qui élève des chèvres dans son jardin et qui a transformé sa cave avec des coussins, des narguilés et de l’encens pour y installer un espace de communion « Peace and love » ? Une maison remplie d’étudiants Erasmus dans le genre du film L’Auberge espagnole ? Sorry, we speak only french. On est juste des jeunes de moins de trente ans qui vivent ensemble. On partage les soupers du soir et les comptes via un tableau Excel. On communique sur Whatsapp ou sur Facebook pour savoir qui mange ce soir ou qui laisse sa lessive dans la machine à laver. On suit un planning pour les tâches ménagères. On organise des soirées le week-end autour d’un barbecue dans le jardin, entre nous ou avec des potes (multiplié par huit ça fait déjà pas mal de monde !). On regarde des films ou la télévision le dimanche soir dans le salon.
Une vie normale, non ?