La chronique : Moi et ma télé

Au travail, à la cuisine, sur la route, dans la vie de tous les jours:il y a des moments où l’on se dit qu’avoir 25 ans aujourd’hui, c’est un doux mélange de grosses galères et de petites merveilles au quotidien.

Moi et ma télé

Je suis de la première génération pour laquelle avoir la télé comme loisir principal ne relève pas de l’abomination. Je ne savais pas encore marcher que j’étais déjà fasciné par cet objet rectangulaire et lumineux dans lequel des formes étranges s’agitent sans cesse. Premier souvenir: les boules du jeu Motus de France 2. Jaunes et parfois… noires!

Tension extrême à 10h30 du matin qui me faisait sautiller sur ma chaise renversant au passage mon yaourt aux fraises sur le carrelage de ma grand-mère maternelle. Du côté paternel, bonne-maman m’a fait découvrir Top Models. Ridge, Brooke et Taylor ont depuis longtemps quitté son quotidien. Lassée du quatorzième mariage entre les mêmes personnages, elle a totalement décroché. Moi aussi! Enfin…

J’ai pleuré un samedi matin lors des adieux du Club Dorothée, j’ai chanté les Minikeums («Mélissaaaa, non ne pleure paaaas») et je faisais des concours avec mon petit frère de «celui qui pourrait réciter le mieux le nom des Pokémons à la fin de l’épisode». La télé était dans le salon mais une seconde a rapidement fait son apparition dans le bureau et même une troisième dans la chambre des parents. Assis par terre, les yeux levés vers le poste accroché au mur, j’ai passé des milliers d’heures à ingurgiter les images (et les publicités). Entre les débuts de Koh-Lanta et autres téléréalités complètement loufoques de TF1 toujours à court d’imagination (La ferme célébrité, Secret Story…), je me suis abreuvé à en vomir de contenus stupides sans jamais déroger à une habitude partagée par tous les #25: à 19h45, les Simpsons sur Club RTL.

La télévision m’a suivi à l’unif, du moins les deux premières années. Et puis, à 20 ans, ce fut le black-out. Les nouvelles habitudes et la technologie ont fait trépasser la bonne vieille télé. Les séries américaines comme Lost, disponibles en streaming ou autres méthodes dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom rendent impensable de passer la soirée à manger des pubs, le tout à un horaire imposé pour regarder des fictions étrangères doublées en français! Ma télé et moi ne sommes pas fâchés. On se revoit de temps en temps, à l’occasion d’une nouvelle émission événement, d’un talk-show politico-amusant ou d’un documentaire interpellant. Tout le reste est sur internet. Au fond de moi, je sais que je l’aime toujours et qu’on se retrouvera. Mais pas tout de suite; la télé d’aujourd’hui est bien trop éloignée de ce qu’en attendent les #25. Elle s’est façonnée de manière à séduire les #50, son audience principale. Alors ma télé chérie, je te rencarde dans 25 ans. Bisous.

MAXIME BIERMÉ