Jeune conducteur et chauffard ne sont pas des synonymes, merci.

safedriving

Les clichés sur les jeunes au volant ont la vie dure. Mais si les chiffres d’accidents sont en effet à leur décharge, c’est leur manque d’expérience qui en est principalement responsable. Dans le cadre d’une campagne Ethias pour le lancement d’une nouvelle assurance jeunes, j’ai testé pour vous un coaching «safe driving». Et les bons conseils ne sont pas destinés qu’aux moins de 26 ans!

Rien ne m’exaspère plus que les stéréotypes sur les jeunes au volant. Quoique… les mecs de mon âge qui la ramènent parce qu’ils conduisent en ayant trop bu et échappent aux contrôles font, eux, exploser le compteur de mon énervement. Parce qu’ils entretiennent ces clichés. Et, accessoirement, parce qu’ils mettent leur vie et celle des autres en danger. Alors même que j’estime qu’une bonne partie de mes «co-vingtenaires» roule prudemment, et est par ailleurs bien plus sensibilisée à la bob-itude que nos parents. Après vérification, ce n’est pas qu’une impression: selon les données de l’IBSR, 8,4% des 18-24 ans ont déjà été contrôlés positif, contre 12,3% chez les 25-39 ans et 18,3% des 40-54 ans! Qui plus est, 85% des moins de 35 ans ont déjà été Bob au moins une fois dans leur vie, pour 64% des 55 ans et plus. Et chtoc!

Pourtant, les accidents de la route restent la première cause de décès chez les jeunes. La raison principale n’est donc pas l’alcool mais bien le manque d’expérience. Un manque d’expérience qu’ils payent d’ailleurs au prix fort au moment de prendre une assurance. Tous ne sont pas pour autant des chauffards en puissance. C’est ce constat qui a poussé Ethias à lancer un nouveau produit d’assurances spécialement destiné aux jeunes conducteurs de 18 à 26 ans. Pour chaque année de conduite sans accident, l’assuré voit son bonus-malus diminuer de deux points, à la place d’un seul. Estampillée «#25», j’ai donc été contactée pour participer à un cours de «safe driving» histoire de me donner à moi, jeune conductrice maladroite, de bons conseils pour une conduite plus défensive. Et, en réalité, ça pourrait aussi vous servir!

Première surprise: c’est une automatique. Je ne conduis jamais d’automatique (c’est dans les belles et nouvelles voitures de managers ça!) et on a beau me dire que c’est «faciiiile», je me méfie de l’automatique. Deux: c’est non seulement une automatique mais en plus une espèce de minivan blinquant noir, genre le minibus pour les stars en tournée. Rendez-moi ma Renaud Clio minuscule de #25 qui se respecte, c’est-à-dire qui a peu d’argent, du moins pas assez pour un char blindé avec boîte de vitesses automatique. Troisième surprise – enfin non, ça, je le savais déjà – je vais devoir conduire en plein centre-ville. Or, puisque je suis une jeune bobo urbaine qui se revendique comme telle (parfois j’aime bien les clichés), je me déplace uniquement à vélo dans la capitale. Sauf pour les courses au Colruyt (cf. #25, budget limité, etc. vous avez compris). Bonus: en plus du coach, Monsieur Menage, à ma droite, j’ai deux passagers qui vont à coup sûr se prendre un bon coup de frein involontaire dans les dents…

Chez nos voisins, des cours de safe driving pour tous les jeunes conducteurs

Le principe est le suivant: je fais un rapide petit tour dans les environs, le coach m’observe scrupuleusement puis me débriefe et me donne ses conseils. Peu assurée au volant de la camionnette de luxe, je bloque donc mon pied gauche bien à gauche, pour éviter d’embrayer par réflexe. Et commence à conduire… plutôt lentement. Le coach entame la conversation: «Depuis combien de temps conduisez-vous?». «Oh, six ans quelque chose comme ça…». Enfin, étant donné que j’ai eu mon permis durant ma première année d’unif, que j’y suis restée six ans et que cela fait maintenant deux ans que j’en suis sortie… Un peu plus en fait! D’accord, je ne suis plus tellement une jeune conductrice en fait! Mais il paraît que je suis toujours dans les conditions pour l’assurance «jeunes» d’Ethias, jusque 26 ans inclus! Ouf.

Je me fais guider par Ezia De Carlo, product manager auto et assistance chez Ethias. Oups, il paraît que je dois entrer dans le tunnel. Un coup d’œil dans le rétro et je m’insère en dernière minute. «C’est pas très safe driving ça», je dis. «Non, vous avez fait ça très bien, en contrôlant bien dans votre rétroviseur avant de déboîter, aucun problème pour moi» me rassure le coach. Le parcours se poursuit jusqu’à Tour & Taxis. Le temps de discuter un peu avec mon coach qui, depuis 20 ans, dispense des formations de conduite en situation dangereuse ou de «safe driving», comme ici. Selon lui, tout jeune conducteur devrait passer par ce type de cours. Dans beaucoup de pays voisins, c’est d’ailleurs obligatoire. Vous obtenez votre permis sous réserve d’un tel cours dans les deux années qui suivent. Le hic? Le cours, souvent peu démocratique, est à vos frais. Chez nous, il coûte en moyenne 150 euros. «Dans le cadre de sa campagne jeune, Ethias rembourse 50 euros», me glisse-t-on au passage.

Papa, maman, à vous!

Vient l’heure du débriefing. Je m’attends à des critiques et des conseils. Je suis presque déçue: «je voudrais trouver des remarques, je n’en trouve pas. Vous conduisez de façon très fluide, pas de coup de frein ou d’accélération brusque. J’ai remarqué que vos coups d’œil dans les rétros sont très fréquents. Cela manque à beaucoup de conducteurs: il faut regarder loin. Devant soi, mais aussi derrière, sur les côtés. Une seule chose cependant: la position de vos mains sur le volant. Vous conduisez presque tout le temps à une main. Or en cas d’imprévu, de virage serré, c’est nettement moins sûr…»

Le site Ethias Young Drivers dispense aussi quelques conseils, que Monsieur Ménage aurait aussi bien pu me donner (s’il n’avait pas eu une conductrice aussi responsable…): réduire les sources de distraction, par exemple planifier son parcours, toujours regarder ce qui se passe au loin, ne pas prendre le volant quand on est fatigué ou «pas dans son état normal», être bien assis, ou encore toujours avoir avec soi le «kit du parfait conducteur»: lunettes de soleil, grattoir, une petite lampe de poche ou un sac de couchage. Pour le cas où on se retrouve en panne en pleine nuit en pleine forêt, oui (peu probable). Ou surtout pour le cas où on estime qu’on a un peu trop bu et qu’il est finalement plus raisonnable de dormir chez un ami (plus probable). Ça, c’est pour le style «jeunes»…

Qu’on ne me dise plus jamais que les jeunes conduisent mal. Papa, maman, j’attends le résultat de votre leçon de «safe driving»!