La chronique: Allo docteur? Bobo!

 

Au travail, à la cuisine, sur la route, dans la vie de tous les jours: il y a des moments où l’on se dit qu’avoir 25 ans aujourd’hui, c’est un doux mélange de grosses galères et de petites merveilles au quotidien.

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À 25 ans (et quelques tournants de plus, mais chut!), on commence à se sentir vieux. À l’horizon: le cap des 30 ans qui fait grincer des dents.

On se sent fa-ti-gué. Nos amis se plaignent d’avoir mal là. Puis là. Et là aussi. C’est l’âge auquel on commence à connaître des noms de maladies, de médicaments ou des muscles de notre corps. Ou à traîner sur des forums pour faire son propre diagnostic: «M…, je suis sûr que c’est un cancer!»

25 ans, c’est l’âge auquel on commence à chercher un médecin traitant à Bruxelles alors que jusqu’à présent, on allait une fois par an pour une grippe chez le médecin de famille dans notre région natale. Heureusement, il y a toujours un ami pour nous donner le numéro de son nouvel allié. «J’ai un bon kiné aussi si tu veux», ajoutera-t-il.

Autre lubie: l’alimentation. On se dit qu’on vit à présent à crédit (et je ne parle pas ici de l’habitation): fini les années d’insouciance où on enchaînait pizzas surgelées et durums (il m’a fallu plus de dix secondes pour retrouver le mot!). «Tu as vu ce documentaire? C’est dingue! C’est décidé je ne mange plus de viande, ne bois plus de lait. Même l’eau, il y a des trucs dedans!», nous raconte-t-on. Désormais c’est légumes bios, smoothies et vins naturels. On a son épicier, son caviste, son boulanger.

C’est l’âge auquel on s’inscrit dans les salles de sport aussi. Ou en tout cas, on se promet de le faire. Avec tout ça, ça devrait aller, non? Après tout, on est toujours dans la vingtaine! Mais quand on se retrouve dans un train bondé d’étudiants remontant de l’Ardenne vers Namur, Louvain-la-Neuve ou Bruxelles, notre costume de jeune a l’air délavé. Ils parlent baptême et guindaille alors que nous nous remettons de moins en moins vite d’une soirée un peu trop arrosée. Ils parlent de leur premier blocus à venir alors qu’on doit faire un effort mental pour compter le nombre d’années qui se sont écoulées depuis qu’on a quitté les auditoires. Il y a aussi ces expressions qu’on ne comprend pas. Et on se dit: «Mais ils sont de plus en plus jeunes, de plus en plus petits!» Non, non, c’est l’écart qui se creuse entre eux et nous qui est de plus en plus grand.

Le point positif, c’est que le lundi quand on retourne au boulot, on retrouve son costume de jeune. Si on est toujours le vieux de quelqu’un, on reste le jeune pour d’autres. Et avec la pension qui recule, on a de la marge… Enfin, quand les collègues parlent de leur examen de la prostate, y a pas à dire, ça file un coup de jeune direct! Allez, santé!