La FEF réagit aux chiffres sur le pessimisme des jeunes: “Il n’y a pas que les partis politiques pour s’engager”

Corinne Martin, présidente de la Fédération des étudiants francophones (FEF), a tenu à réagir sur une série de constats pointés par le thermomètre Solidaris RTBF – Le Soir, sur le pessimisme des jeunes vis-à-vis de la société, de la politique et de l’enseignement.

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L’ascenseur social en panne: “La démocratisation n’est pas assez qualitative”

D’après le baromètre, 11% des 18-30 ans estiment que l’échelle sociale fonctionne en Belgique. “Nous le dénonçons depuis de nombreuses années“, entame Corinne Martin. “Quantitativement, une démocratisation s’observe dans l’enseignement supérieur: beaucoup d’étudiants s’inscrivent.” Mais deux problèmes subsistent. Le premier concerne la qualité de la démocratisation: “L’accès à l’université reste problématique pour les étudiants originaires de milieux populaires. Il y a un réel manque d’ouverture“, commente la présidente de la FEF.

Avant d’évoquer la question de la démocratisation de la réussite: “Beaucoup d’études démontrent que les inégalités se jouent déjà dans le secondaire. Cela se poursuit dans le supérieur, où la maîtrise de certains codes est requise de manière inconsciente. Dans les échanges entre les étudiants, avec les enseignants, au niveau de l’administration… Tout cela peut poser problème dans l’adaptation du jeune.” Pour Corinne Martin, sur ce dernier sujet, on est face à un manque de réponse politique qui devient “de plus en plus criant“.

Les jeunes ne croient pas en la politique: “Il n’y a pas que les partis”

C’était sans doute l’information “coup de poing” du jour: seul un jeune sur 20 pense que les partis politiques peuvent vraiment changer les choses, et seuls 4% font confiance aux partis. Corinne Martin rétorque: “Les jeunes sont intéressés par la chose politique au sens initial du terme! Ils s’intéressent aux affaires de la société de manière générale, de la “cité”, ce qui est d’ailleurs la la signification première du grec “polis”. Preuve en est: l’explosion d’endroits où les jeunes peuvent s’engager. Il existe des associations, des mouvements citoyens ou étudiants… Le parti n’est plus le seul canal pour s’engager, je pense que les moyens se sont diversifiés avec le temps.” Mais encore: “Ce n’est pas parce que les jeunes ne se retrouvent pas dans les partis qu’ils ne sont pas engagés politiquement.”

L’école ne prépare pas assez  à la compréhension de la société: “Travailler davantage sur la citoyenneté”

Selon Solidaris, 46% pensent que l’enseignement prépare mal à la compréhension du monde et de la société. La FEF réclame depuis longtemps que l’enseignement supérieur travaille  davantage sur l’esprit critique et l’émancipation des jeunes. “C’est aussi une des missions de l’université d’apprendre aux jeunes à devenir des citoyens. On pourrait davantage introduire de formation à la citoyenneté dans l’enseignement supérieur, via davantage d’interdisciplinarité, via une multiplication des points de vue présentés et en invitant plus d’interlocuteurs externes, par exemple.”

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Crédit photo: Pablo Garrigos