Pessimisme des jeunes : vos réactions

Vous avez été nombreux à réagir à l’enquête Solidaris-RTBF-Le Soir sur le point de vue des jeunes belges. Nous avons repris sur cette page une sélection des témoignages pour enrichir le débat.

En marge du débat vidéo de 11h02, Anaïs livre un témoignage qui s’inscrit dans ligne des résultats issus de l’enquête :

“Actuellement en temps que cohabitante au chômage, je risque de perdre tout revenu. Mes perspectives d’avenir sont assez limitées dans un pays sans emploi pour tous. De plus les politiques ont l’air d’ignorer notre génération sauf quand il s’agit de taper dessus. De toutes façon il y a trop de trucs contradictoires pour vraiment y croire : donner des allocs qui confinent les gens dans la pauvreté (1000 euros à deux dans mon cas), supprimer le chômage aux gens qui peuvent prouver leurs recherches ( déjà trois dans mon entourage), supprimer la notion de choix et de dignité dans l’emploi, etc. Non j’y crois plus, et pour l’austérité j’ai envie de dire “qu’ils aillent voir ailleurs, notre génération n’est en rien responsables de ces problèmes, donc on n’a pas à payer les erreurs des générations précédentes, le pacte des générations c’est pas que pour “les vieux”…et pour ce qui est de rembourser les erreurs des banques, je suis ravie de ne pas être imposable!”

Un autre internaute, “2ni” refuse le pessimisme. Optimiste, il voit dans une situation difficile les graines d’un succès futur :

“Je suis jeune, je vis dans une des provinces rencontrant le plus de problèmes socio-économiques (le Hainaut), et je suis loin d’être pessimiste. Non que les constats mentionnés soient selon moi complètement faux, mais ils induisent une certaine fatalité dans laquelle je ne me retrouve aucunement. Les choses peuvent (et doivent) évoluer. Mais elle ne le feront pas sans une prise de responsabilités dans le chef de tout un chacun.

Il est évident que l’action citoyenne doit retrouver une place sinon centrale, tout du moins importante dans le paysage politique, social et économique de notre pays. Là est pour moi la clé d’un redressement au sens global du terme : en finir avec les mentalités défaitistes promptes à se comparer sempiternellement et négativement aux réalités d’autres pays, UE et hors UE; et penser à ce que chacun peut faire à son niveau pour améliorer le quotidien, en ne se voilant pas la face au sujet des problèmes inhérents à la réalité de la Belgique, mais aussi en se souvenant que nous possédons des atouts réels qu’il est impératif de développer davantage.

En bref, un contexte socio-économique difficile doit pour moi être saisi comme un recul pour mieux sauter, et non comme une épée de Damoclès sur l’avenir. Avec toutes les difficultés que ça pourra engendrer, mais la vie n’est jamais un chemin tout droit tracé.”

Certains sont pessimistes bien que leur situation personnelle soit confortable, c’est le cas de “vashe9″ :

“J’ai 27 ans et j’ai un cdi et un appartement (prêt à la banque) donc je fais encore partie des “jeunes”. Je ne me considère pas optimiste du tout quand à l’avenir de la société… Les gens sont de plus en plus manipulés par les médias, par “l’émotion” (qui prend le pas sur la raison), les réseaux sociaux… On met l’argent et l’individu consumériste avant tout au détriment de la planète et de l’intérêt général, qui est parfois contraire à notre propre intérêt. Mon futur ça sera métro/boulot/dodo, et encore si j’ai de la chance. J’ai décidé de ne jamais avoir d’enfants justement pour cette raison : quel avenir pour eux si le nôtre est déjà noir ? Le modèle de la famille “classique” ne fonctionnerait pas avec moi, les recettes du passé ne marchent plus sur la génération actuelle, je ne connais personne de mon âge en couple qui désire se marier.”

D’autres, comme “Seb” suggèrent que notre modèle de société est façonné par l’âge de la population :

Je crois qu’on est à la veille d’une remise en cause totale des fondements de notre société. J’ai 34 ans et je ne m’attends ni à une retraite ou peut-être une sorte d’allocation qui éviterait de travailler à temps plein à partir d’un certain âge, ni à une sécurité sociale dans les prochaines décennies à moins d’un changement profond de mentalité. En fait, je ne crois plus au matelas de l’état. Pour moi, ce seront les petites communautés qui vont se recréer, toutes les petites initiatives et son réseau social proche qui va permettre de vivre à terme. [...]  Ce qui est certain c’est que la démographie européenne n’aidant pas, il n’y a pas pour moi aucun espoir de changement au niveau politique avant plusieurs décennies en Europe, la jeunesse passera toujours au second plan tant que la pyramide des âges sera en faveur des plus âgés. Les seules révolutions sociales, comme mai 68 et dans d’autres pays, n’ont lieu que quand la jeunesse est majoritaire ce qui n’est pas le cas ici.