Pessimisme des jeunes : les avis divergent

Au vu des dernières réactions concernant l’enquête Solidaris-RTBF-Le Soir sur le pessimisme des jeunes, on constate que les avis continuent de diverger.

Pour “thekab”, ce constat de pessimisme chez les jeunes est tout à fait logique :

Ces constats ne sont pas étonnants. Le même ressenti est partout. On a tous ce sentiment au fonds de nous: “Globalement, en tant que collectivité humaine organisée, nous nous trompons de direction.”Les jeunes, peut-être plus particulièrement que d’autres catégories plus “installées”, ont le sentiment que plusieurs sujets fondamentaux de notre vivre ensemble devraient être renégociés.

II s’agirait de sortir du train train, de mettre l’essentiel sur la table, de convoquer une sorte d’”état généraux de la société”, pour dire “Stop,ici on est tous d’accord, on ne va pas sur la bonne route. on n’arrive plus à être heureux ET on n’arrive pas à changer les choses via notre système de décisions collectives actuel. Donc comment réorienter collectivement le tir ?”

Il n’existe évidement aucun lieu de pouvoir susceptible de prendre des décisions d’une telle envergure. Il est évident que les personnes qui détiennent actuellement le pouvoir législatif et économique y sont hostiles.Mais beaucoup de trentenaires que je connais seraient prêts à renoncer à une partie de leur confort immédiat et à une partie de leur liberté individuelle, pour qu’on puisse, collectivement décider de changer les choses et au minimum:

Prendre des mesures contraignantes pour favoriser une économie courte, réelle, localisée avec redistribution descente des richesses (écart de rétribution maximum) tout en prenant des mesures contraignante contre une économie du matérialisme low-cost mondialisé (objets/biens de consommations, services).

Prendre des mesures contraignantes pour renforcer la solidarité interpersonnelle et le sentiment d’appartenance aux collectivités humaines (depuis la famille jusqu’à l’espèce) (enseignement, culture, fiscalité,…) et des mesures contraignantes contre l’individualisme néo-libéral et le culte de la réussite matérielle.

“Sim”, lui, ne veut pas employer le terme “pessimiste”, il se voit plutôt comme quelqu’un de réaliste :

Je ne pense pas être pessimiste, je dirais plutôt réaliste. Les politiques sont plus attachés à leur(s) prochain(s) mandat(s) qu’à l’avenir de leurs citoyens. Le fossé entre les riches et les pauvres est de plus en plus grand. La faim dans le monde n’a pas été éradiquée.

On travaille pour gagner de l’argent et plus pour son utilité première: accomplir une tâche ou rendre un service. Les entreprises ont plus leurs mots à dire que les citoyens (si ça c’est la démocratie mes cours de gestion étaient donc faux)… Et cette liste de choses qui ne tournent pas rond est loin d’être finie.

A coté de ça, j’ai de la chance de vivre en Belgique. J’ai une famille sympa, des amis sympas, un métier qui me plait donc je n’ai pas vraiment de quoi me plaindre. Mais je m’indignerai dès que je le peux pour toutes ces choses qui ne tournent pas rond.

Certains pensent que ce n’est l’enseignement supérieur mais bien le secondaire qui doit nous préparer à devenir citoyens. C’est notamment l’avis de “naquam” :

Je ne suis absolument pas d’accord avec cette idée selon laquelle il faut que l’université prépare à la citoyenneté. D’abord parce que c’est écarter ceux qui ne souhaiteraient ou ne pourraient pas faire d’études universitaires (dont le nombre devrait à mon avis augmenter tant on a la preuve aujourd’hui qu’avoir un diplôme universitaire garanti plus d’avoir un joli papier qu’un emploi).

Mais surtout parce que c’est oublier que lorsque l’on commence des études supérieures, on est pour la plupart déjà des “citoyens” des citoyens débutants peut-être mais citoyens quand même. C’est à l’enseignement secondaire qu’il revient de nous aider à construire notre sens critique. Même si ce sens critique doit remettre notre société en question…

Et d’autres, comme “Seb”, pensent que notre société est à l’aube de bouleversements profonds :

Je crois qu’on est à la veille d’une remise en cause totale des fondements de notre société. J’ai 34 ans et je ne m’attends ni à une retraite ou peut-être une sorte d’allocation qui éviterait de travailler à temps plein à partir d’un certain âge, ni à une sécurité sociale dans les prochaines décennies à moins d’un changement profond de mentalité. En fait, je ne crois plus au matelas de l’état.

Pour moi, ce seront les petites communautés qui vont se recréer, toutes les petites initiatives et son réseau social proche qui va permettre de vivre à terme. Si vous “réussissez” matériellement, les états vous exonéreront d’impôts et parfois même vous donneront des aides, c’est la tendance de ces dernières décennies et on voit bien que quelque soit les scandales, rien ne change fondamentalement car une certaine élite se tient. Mais est-ce vraiment ça qui compte ? Je crois qu’on va devoir vivre avec moins d’argent, moins de confort mais peut-être serons-nous plus heureux en fin de compte ?

Ce qui est certain c’est que la démographie européenne n’aidant pas, il n’y a pas pour moi aucun espoir de changement au niveau politique avant plusieurs décennies en Europe, la jeunesse passera toujours au second plan tant que la pyramide des âges sera en faveur des plus âgés. Les seules révolutions sociales comme mai 68 et dans d’autres pays ont lieu que quand la jeunesse est majoritaire ce qui n’est pas le cas ici. Un autre monde devra être recréé mais je n’en verrai probablement que les germes car il faudra plusieurs générations surtout en Europe. Ailleurs cela pourra néanmoins aller beaucoup plus vite …

La vieille Europe est vraiment vue de l’étranger comme complètement à côté de la plaque suffit de lire deux récents prix nobel d’économie américains et ce que pensent les asiatiques de l’Europe qui n’est pour eux qu’un musée à ciel ouvert pour classe moyenne.