L’été prochain, les Belges qui se rendront aux Jeux olympiques – et les autres aussi d’ailleurs ! – auront un pied-à-terre exceptionnel à Londres. Le Comité olympique et interfédéral belge (COIB) a, en effet, réussi à faire main basse, contre paiement que l’on devine coquet, sur l’honorable Inner Temple, îlot de calme et de verdure au cœur de la ville et au bord de la Tamise. Un endroit magique, un peu hors du temps, fondé au XIIe siècle par l’Ordre des Templiers, qui sert aujourd’hui de prestigieux centre de formation pour les avocats londoniens. Gandhi et Nerhu en ont été des membres illustres, tout comme l’économiste John Maynard Keynes ou Jack Straw, l’ancien ministre de l’Intérieur et secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du gouvernement Blair. Rien que du beau linge…
L’idée du COIB est de faire de ces lieux – ou d’une grosse partie du domaine – une « maison belge », comme le font tant d’autres comités nationaux olympiques pendant les Jeux, un « home away from home » où les supporters pourront fêter les (nombreuses ?) médailles noir-jaune-rouge ou se consoler des lourds échecs en chantant un verre de bière et un paquet de frites à la main. Un lieu de rencontre et de convivialité.
Cette perspective, qui avait échappé à quelques locataires du site, commence à susciter quelques remous à moins de 200 jours de l’ouverture des Jeux. Sur le site internet « The Lawyer » destiné aux milieux juridiques londoniens, certains s’inquiètent de voir arriver bientôt une horde de Belges bariolés, bouffeurs de gaufres et de chocolat, buvant et beuglant, venir perturber le calme des lieux. Ils estiment leur nombre à 50.000 sur toute la durée des Jeux. « C’est comme si on nous versait tout un St James’ Park (NDLR : le stade de Newcastle) sur la tête » , se plaint un résident. Attention, les envahisseurs sont là !
Au siège du COIB, on a pris connaissance de ces craintes, que l’on estime évidemment infondées. Piet Moons, le responsable du marketing, qui a négocié le « deal » avec les propriétaires d’Inner Temple, est d’ailleurs bien décidé à aller lever tout malentendu auprès des locataires qui seront là cet été lors d’une prochaine visite, le 15 février.
« Pour commencer, les chiffres avancés sont nettement exagérés, dit-il. Nous avons misé grosso modo sur un millier de visiteurs par jour pendant les deux semaines de compétition. Nous avons renoncé à louer la grande pelouse qui fait face au bâtiment principal, qui aurait pu gonfler ce nombre. Et puis, dans la convention que nous avons signée, il est stipulé que les activités doivent s’arrêter à 2 heures du matin et que le bruit ambiant devra être limité à 83 décibels (ce qui équivaut à un concert de musique classique…) De plus, la grande tente que nous dresserons pour accueillir nos invités de trouve à un endroit où il n’y a pas de logement. »
Comme Moons, Patrick Maddams, le vénérable trésorier de l’endroit, qui a signé le contrat, est persuadé qu’il s’agit là d’une tempête dans une tasse de thé. « Nous serons ravis d’accueillir le COIB, leurs invités et les membres de la famille royale belge l’été prochain », a-t-il déclaré.
Il n’est pas le seul à avoir réagi de cette manière ; toujours sur « The Lawyer », un contributeur anonyme a résumé sa pensée avec un humour forcément très « british ». «Cela aurait pu être pire ; cela aurait pu être les Français».

Journaliste au Soir, Philippe Vande Weyer vous donne rendez-vous aux Jeux olympiques de Londres. 
Road To London, le site officiel du COIB pour les JO de Londres
J’ose signaler aux très honorables membres du très sélect “Inner Temple” club que le mot HOOLIGAN est anglais
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