Il y a moins de deux mois, lors d’un entretien exclusif qu’il avait accordé au « Soir », Jacques Rogge, le président du CIO, avait dit qu’il n’était pas particulièrement inquiet des conséquences que pourrait avoir la crise économique mondiale sur les candidatures futures des villes pour les Jeux olympiques.
« Il serait naïf de dire que la crise n’a aucun impact, mais je constate qu’il y a 6 candidatures pour les Jeux de 2020 (NDLR : encore officieuses à l’époque) et que nous venons d’organiser un séminaire pour toutes les villes potentiellement intéressées par les Jeux d’hiver 2022 et d’été 2024 qui a attiré 22 villes différentes. Il y a donc un intérêt », avaient été ses mots.
Bardaf ! A la veille de la date limite du dépôt officiel des candidatures pour l’organisation des JO 2020, Rome, qui était l’une des villes requérantes avec Bakou, Doha, Istanbul, Madrid et Tokyo, a dû jeter l’éponge ce mardi 14 février. Après avoir évalué les coûts et les bénéfices d’une telle aventure, Mario Monti, le Premier ministre italien, a, en effet, refusé de lui apporter son soutien, estimant qu’elle pourrait avoir un effet désastreux sur des finances publiques déjà bien mal en point. « Ce serait irresponsable », a-t-il déclaré.
L’exemple de la Grèce, aux portes d’une faillite virtuelle, a-t-il joué pour le convaincre de se retirer du jeu olympique ? Peut-être. Même si ce ne sont pas les Jeux d’Athènes, organisés en 2004, qui ont plombé l’économie hellène, Jacques Rogge a reconnu qu’ils l’ont sans doute gonflée « à hauteur de 2 à 3% ». La faute à une organisation qui, à l’époque, avait mis trop de temps à se mettre en place, à des constructions érigées en catastrophe à l’approche des JO, avec des chantiers ouverts 7 jours sur 7 et 24 h sur 24, avec des conséquences financières à la clé. Tout ça pour déboucher sur une véritable gabegie puisque, à l’une ou l’autre exception près (le stade Olympique et celui de l’Olympiacos), la plupart des enceintes sportives érigées à l’époque – et il y en avait un paquet ! – sont aujourd’hui à l’abandon, pourrissant sur place. Même si les JO peuvent aussi être un facteur de développement économique et urbain – Barcelone en est un exemple lumineux -, on préfère souvent voir le verre à moitié vide que celui à moitié plein…
Le retrait de Rome, à vrai dire, cela faisait quelques jours qu’on le sentait venir. Mario Monti, le successeur de Silvio Berlusconi, arrivé pour tenter de redresser une situation financière catastrophique, avait laissé apparaître quelques signes de réticence face à ce dossier. L’approuver risquait d’être mal compris par la population italienne, soumise par ailleurs à des réformes fiscales drastiques et à des coupes budgétaires. Il avait même suggéré de reporter la candidature à 2024, en espérant des jours meilleurs. Mais cette perspective avait été rejetée par le mouvement sportif italien, qui avait intensifié son lobbying pour obtenir la bénédiction du Président du Conseil. En vain, donc…
Il n’empêche, le forfait d’une ville comme la capitale italienne dans une course aussi prestigieuse que celle qui conduit aux JO, une première à notre souvenir, n’est pas banal et est tout sauf une bonne nouvelle. Il souligne un peu plus la crise gravissime que traverse l’Europe (surtout du Sud), qui force logiquement les gouvernements à la plus extrême prudence, et la nécessité pour le CIO de continuer à lutter contre le gigantisme et les coûts exorbitants qu’il génère s’il ne veut pas se retrouver un jour comme avant les JO de 1984, avec une seule ville candidate – Los Angeles à l’époque – qui devient du coup le maître du jeu.
Ce n’est pas (encore) le cas pour 2020 puisque cinq villes ont confirmé leur souhait de poursuivre l’aventure, y compris Madrid, qui aurait pu avancer les mêmes arguments que Rome. Mais avec les candidatures de Bakou, Doha et Istanbul, à côté de celle de Tokyo, on se dit que, quatre ans après Rio, les Jeux n’ont peut-être pas fini de découvrir de nouveaux horizons. Contraints et forcés, certes, parce que la vieille Europe a, pour l’instant, d’autres chats à fouetter, mais dans le sens de la géopolitique et de l’histoire.

Journaliste au Soir, Philippe Vande Weyer vous donne rendez-vous aux Jeux olympiques de Londres. 
Road To London, le site officiel du COIB pour les JO de Londres
Je trouve simplement que cette dcision est admirable. Les frasques des gouvernements précédents (ceux de Berlusconi) auraient probablement poursuivi la candidature por simplement jeter de la proudre aux yeux comme cela a toujours été le cas. Il semble donc que le ” Professeur” qui régit le redressement de l’Italie mériterait d’avoir le soutien de l’Europe dans ses décisions. Pour moi qui vit en Italie, nous n’étions pas habitué à autant de rigueur de la part de la classe politique. Une lueur d’espoir?
Mario Monti n’en a rien a faire de l’Italie, de son peuple et des jeux. Il est le président d’une organisation internationale ultra puissante, qui s’appelle la Trilatérale, il travaille pour les milieux de la finance et que pour eux, il fera de l’Italie son objet de gloire, où il a la tâche facile après un mafieux de bas étage comme Berlusconi, voilà venir le mafieux haut de gamme, Mario Monti, qui va mettre l’Italie à genoux, même si pour certains l’anecdote des jeux olympique s peut paraître sympathique.