Design Mort du pape du design italien, l’architecte Ettore Sottsass

32-1e-ettore.jpgAnar du trait et anticonformiste
Ettore Sottsass est mort lundi, à Milan à l’âge de 90 ans. Ce pape du design italien a influencé les décorateurs du monde entier de son génie créatif.

Mais c’était aussi un esprit anarchiste et anticonformisme. Il se présentait comme un « architecte-designer ». Personnage hors normes, à la moustache rieuse et à l’allure décontractée, il n’aimait ni l’industrie ni la symétrie. L’homme se voulait inclassable.Cheveux tressés, chaussé de baskets, portant chemise en coton, amoureux de couleurs fortes et d’exotisme, il a voyagé dans le monde entier. Aucune idéologie ne le satisfera jamais, malgré un bref flirt avec l’extrême gauche. Son seul credo restera la non-violence et « la liberté pour l’humanité ».

Sottsass fut l’inventeur de la « Valentine », machine à écrire populaire portative en plastique rouge, emblème des années 70, qui fut peu à peu remplacée dans les bureaux par des machines chinoises moins coûteuses. Il avait travaillé à la création du tout premier ordinateur, le Elea 9003.

Après avoir obtenu son diplôme d’architecte à Turin, il travailla de 1958 à 1981 pour Olivetti, où il accompagna et inspira le design des premiers ordinateurs.

Son second chef-d’œuvre mondialement connu fut l’étagère Carlton créée pour « conjuguer mécanisation et plaisir ».

Ettore Sottsass était né le 14 septembre 1917 à Innsbruck, en Autriche. De son enfance, il gardait l’amour de la montagne, – qui se transforma en goût pour les tours –, que lui avait légué sa mère autrichienne. Son père, italien, était un maestro de l’architecture. A 22 ans, Ettore était déjà architecte. Mais la guerre le forcera à intégrer l’armée fasciste. L’idéologie de Mussolini va le dégoûter. Il se mettra à dessiner des maisons… pour s’évader.

Quatre Compas d’or

En 1947, il fonde une agence, avec sa future épouse, Fernanda Pivano. La vie amoureuse de cet homme passionné sera tumultueuse. Aux Etats-Unis, il travaille au sein de l’agence de George Nelson. Etrangement, avec Adriano et Roberto Olivetti, qu’il fascine par son génie créatif, il ne parlait pas « machines », mais « présence physique ». « Je voulais donner une architecture à cette invasion. Créer un ordre, un environnement technologique certes, mais en pensant au travail, à l’être humain », confiait-il dans un entretien au Monde, en juin 2003.

Si en tant qu’architecte, Sottsass a peu construit, il participa à de nombreuses réalisations, comme l’aéroport de Milan Malpensa. Amoureux de la France, il a confié au Centre Pompidou ses archives Olivetti : 1.500 photos et 600 dessins. Ce qui n’empêchera pas l’Italie de l’honorer à quatre reprises du Compas d’or, le plus précieux des trophées européens du design.

Da. Cv. (avec afp)

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