A 31 ans, Jan De Cock est au Moma

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Expositions Le premier Belge à disposer d’un espace personnel à New York

L’artiste bruxellois occupe seul la Menschel Gallery du Museum of Modern Art du 23 janvier au 14 avril. Avec « Denkmal 11 ».

C’était il y a près d’un an et demi. Jan De Cock était dans son atelier, à Anderlecht. Et les Américains, comme il dit, étaient là. « J’étais surpris. Et je me suis senti honoré qu’à 10.000 km d’ici, des gens appréciaient mon travail au point de me demander d’exposer chez eux, raconte Jan De Cock. Dans mon atelier, j’ai construit une grammaire et ce qui est beau, c’est qu’à New York on a compris la grammaire que je mets au point à Anderlecht. C’est comme ça qu’on avance, pas par la politique et les amis, mais par son travail, par son investigation des formes. »

A 31 ans, Jan De Cock est ainsi le premier artiste belge à avoir une exposition personnelle au sein de ce prestigieux musée qu’est le Museum of Modern Art de New York, le Moma. Le sculpteur travaille l’espace. Il le réinvente, le recompose, le fait sentir. Il le sculpte, véritablement. Au Moma, il va occuper tout l’espace de la Robert and Joyce Menschel Gallery, au troisième étage.

« Je me suis concentré sur l’histoire du musée, explique-t-il. J’ai toujours été fort impressionné par le cinéma et j’ai découvert, dans les caves, que le Moma avait été le premier musée d’art moderne à avoir des salles de projection. En fait, je vais tenter d’exposer le musée lui-même. On a passé six mois à tout photographier, les œuvres, le bâtiment, de la cave au grenier, tout. Et c’est ça qu’on va exposer. On va montrer la périphérie, l’arrière du Moma. »

Les collections, l’architecture, les espaces dans le bâtiment, les entrepôts, le shop, la bibliothèque, le cinéma. De Cock a tout parcouru avec l’œil de sa caméra. Et ces images en couleurs et en noir et blanc, il les juxtapose entre elles et avec d’autres images, issues de l’histoire de la photo, de l’architecture, du cinéma. « Je suis un Européen, un Belge, ajoute-t-il. Je recompose le Moma dans ma perspective. »

Kaléidoscope

Résultat : un portrait du Moma en kaléidoscope vu à travers un objectif rempli de références. Des centaines de photos et de photomontages seront suspendus entre sol et plafond. Des sculptures de contreplaqué au sol et au mur compléteront l’ensemble dans une esthétique constructiviste et minimaliste. Et le tout donnera au spectateur une nouvelle façon de voir. « Je fais un montage de l’espace. Je guide l’œil du spectateur. Et comme chaque spectateur participe à l’exposition, comme il est dans l’espace, il est aussi acteur dans mon travail. Il en devient un figurant, comme dans un film. »

Cette exposition n’est pas une fin : c’est un commencement. Quand elle sera terminée, Jan De Cock disposera les images de son installation dans des endroits de référence aux Etats-Unis : le studio de Jackson Pollock à East Hampton, la maison de la cascade de Frank Lloyd Wright en Pennsylvanie, les Everglades, le Grand Canyon… Tout cela sera aussi photographié et recomposé pour créer en fin de compte un atlas d’images potentiellement sans fin. Jan De Cock adore créer des livres d’artistes.

Jan De Cock, Denkmal 11, Museum of Modern Art, 11 West 53 Street, New York. Du 23 janvier au 14 avril. www.moma.org.

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

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