Le papa d’Angelica libéré

6-1e-angelica.jpg
Asile Javier Loja a quitté le centre fermé de Merksplas

Quatre mois de détention pour rien ! L’ambassade d’Equateur n’a rien fait pour autoriser le rapatriement.

Le papa de la petite Angelica Loja-Cajamarca, cette fillette équatorienne de 11 ans retenue durant l’été au Centre 127 bis de Steenokkerzeel, a été libéré mercredi après-midi du Centre pour illégaux de Merksplas où il était détenu depuis le 4 septembre dernier après avoir été arrêté, lors d’un contrôle de routine, à l’aéroport de Bruxelles-National. « Une assistante sociale est venue me chercher vers 14 heures et m’a dit que j’étais libre. J’ai pris mes affaires et je suis parti. Je suis heureux de retrouver ma famille », nous a-t-il déclaré.

Javier Loja n’est cependant pas entièrement libre. Sa « libération », nous confirme l’Office des étrangers, a été assortie d’un nouvel ordre de quitter le territoire qui lui impose de partir de Belgique avant le 7 janvier. Passé cette date, il demeure exposé à une nouvelle incarcération en vue d’expulsion dans un centre fermé pour clandestins.

Cette libération intervient au terme de quatre mois de détention, le maximum de temps de privation de liberté qui pouvait, de par la loi, lui être imposé.

Depuis le 4 septembre en effet, l’Office des étrangers, fort de plusieurs décisions de justice, avait tenté de mener à terme la procédure d’expulsion entamée à l’égard du papa d’Angelica. Ces tentatives s’étaient heurtées à l’impossibilité de certifier formellement sa nationalité, l’ambassade d’Equateur n’ayant jamais répondu aux sollicitations de l’Office des étrangers qui parle, diplomatiquement, dans le chef de l’ambassade, de « tergiversations ». L’ambassade refusait aussi de délivrer un laissez-passer au papa d’Angelica, un document indispensable au retour en Equateur en cas d’expulsion. M. Loja était porteur de deux passeports différents, l’un émis par l’Equateur, l’autre par la Colombie.

Les cas de Javier Loja et celui de sa fille Angelica étaient devenus un symbole en Equateur. Le Président de la république, Rafael Correa, l’évoque souvent lors de discours consacrés à l’émigration de ses concitoyens.

Le 14 octobre dernier, lors d’une séance académique au lycée français de Quito, le Président (qui a fait ses études à Louvain-la-Neuve) avait vertement dénoncé la Belgique : « Ils ont maintenu une mère de famille et sa fille en prison pendant trente jours sur un continent qui est censé être l’un des plus grands symboles de la civilisation humaine. S’il vous plaît, que se serait-il passé si un gouvernement latino-américain avait emprisonné une mère européenne et sa fille ? » L’attitude de l’ambassade d’Equateur en Belgique, qui bloque de fait toute mesure d’expulsion, prend largement en compte les positions présidentielles.

L’avocate de Javier Loja, Me Veronique Dockx, s’indigne : « Ces quatre mois de détention pour rien ! Nous avons introduit plusieurs recours devant le Conseil d’Etat. Ils demeurent pendants. Nous pensons qu’il serait dans l’intérêt de l’Etat belge de régulariser cette famille qui pourra contribuer à la richesse nationale, sans être à charge du pays. »

Javier Loja est le papa d’un garçonnet de 5 ans de nationalité belge. La chambre du conseil de Bruxelles, dont l’avis fut réformé par la chambre des mises en accusations, avait considéré en septembre dernier que cette filiation excluait toute mesure d’arrestation de Javier Loja.

Angelica et sa maman demeurent elles aussi sous les effets d’un ordre de quitter le territoire depuis la fin du mois de juillet. Jusqu’à présent elles n’ont pas fait l’objet d’un contrôle policier qui relancerait leur procédure d’expulsion.

MARC METDEPENNINGEN

Le portfolio : Angelica Cajamarca

Cette entrée a été publiée dans Belgique, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.