Dakar La 30e édition a été annulée vendredi

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La « raison d’Etat » a eu raison du Dakar
Le 30e Dakar ne partira pas. Les organisateurs l’ont annulé suite à la menace terroriste en Mauritanie.

Pour la première fois en 30 ans d’une existence souvent mouvementée, le rallye-raid Dakar, dont le départ devait être donné samedi de Lisbonne, a été annulé vendredi par ses organisateurs, obligés de plier sous la menace terroriste islamiste radicale d’Al-Qaïda.

L’incertitude planait depuis l’assassinat en Mauritanie de quatre touristes français, le 24 décembre, dans une attaque attribuée à des proches de la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. La mort trois jours plus tard de trois militaires mauritaniens dans une attaque mal élucidée a encore fait monter la pression. Mais c’est un message d’Al-Qaïda menaçant de frapper le rallye qui a conduit le gouvernement français à recommander fermement à Amaury Sport Organisation (ASO) d’annuler l’épreuve.

Les 2.500 participants provenant de 50 pays ont donc appris vendredi midi avec stupéfaction qu’ils pouvaient rentrer chez eux ! « Je crois que les organisateurs ont fait le choix de la sécurité et je salue leur courage, a dit Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères. Prendre une telle décision n’était pas facile. »

« On ne pouvait pas prendre le risque d’y aller. La sécurité est la première des priorités. Imaginez le moindre incident, on nous aurait accusés à juste titre d’être irresponsables », a expliqué Patrice Clerc, le directeur d’ASO.

Etienne Lavigne, le directeur de course, a donc annoncé la décision aux participants dans l’amphithéâtre archicomble du Centre culturel de Belém sur le coup de midi. « Le Dakar 2008 ne partira pas. Le Dakar est sonné mais le Dakar est debout. Je veux remercier tous les participants. Vous en avez fait l’histoire. Et l’histoire n’est pas terminée », a lancé Etienne Lavigne. Plus tard, celui-ci a invoqué la raison d’État pour justifier cette décision. « La raison d’État, ça ne s’explique pas et ça ne se commente pas, » a-t-il ajouté, la mort dans l’âme.

Les organisateurs allaient faire les comptes… « C’est un désastre économique », a concédé Patrice Clerc, et pas seulement pour ASO dont le budget Dakar s’élève à 12 millions d’euros hors télévision et dont la crédibilité de l’épreuve est atteinte.

Pour les pays traversés, le coup va être rude à encaisser également. En Mauritanie, on disait d’ailleurs ne pas comprendre cette décision. « L’activité générée autour de l’événement est extrêmement importante », a souligné Etienne Lavigne. « L’économie autour de l’événement Dakar est colossale. Tout le monde va être durement touché. »

Si les concurrents vont voir leur inscription remboursée, la perte sera toutefois conséquente. De son côté, ASO annonçait se pencher sur l’organisation d’un autre grand événement en 2009, peut-être en Amérique du Sud pour éviter les risques terroristes, mais comme le soulignait encore le directeur de course : « Tristement oui, il faut bien l’admettre : cette première annulation de l’histoire du Dakar est une victoire pour le terrorisme. »

THIERRY WILMOTTE

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