Le dossier bis reste ouvert

8-1e-dutroux1.jpg

Dutroux Le juge Langlois prié de prendre l’avis d’experts
Trente profils seront comparés à la base de données génétiques. Le juge Langlois s’opposait à ces analyses.

La chambre des mises en accusations de Liège s’est refusée, lundi, à clore définitivement le dossier bis de l’affaire Dutroux en ordonnant au juge d’instruction Jacques Langlois de poser certains actes d’instruction qualifiés de « techniques ». Il lui est ainsi imposé de prendre l’avis d’experts en criminalistique qui devront lui indiquer si la poursuite des analyses des 6.000 cheveux et des microtraces retrouvées dans la cache de Marcinelle, dans les voitures et les habitations de Dutroux sont susceptibles de mener vers d’éventuelles personnes non encore identifiées qui auraient été mêlées à l’enlèvement et à la séquestration des victimes. Il devra aussi faire comparer les trente profils génétiques déjà déterminés à ceux contenus dans la banque de données qui, depuis 2002, ne contient que les profils génétiques de 12.000 criminels condamnés.

En juin dernier, le juge Langlois signifiait dans un rapport adressé au parquet général de Liège qu’il ne procéderait pas à l’analyse des 6.000 cheveux retrouvés dans les maisons de Dutroux ainsi qu’aux microtraces décelées dans la cache de la maison de Marcinelle. Ces analyses constituaient le « dossier bis » de l’affaire Dutroux ouvert en 2001 sur imposition de la chambre des mises en accusation afin d’identifier « d’éventuels faits ou dossiers inconnus » qui ne faisaient pas partie de ceux déjà ficelés pour être soumis aux assises d’Arlon. Outre leur coût phénoménal (400 euros par cheveu), le juge Langlois estimait qu’aucune certitude ne pourrait être rencontrée quant à l’intervention d’un autre « auteur inconnu » dans l’enlèvement des fillettes. Les traces génétiques « les plus suspectes » ont été identifiées dans la cache de Marcinelle. L’une d’elle se superposait à une des neuf traces de sang de la petite Julie retrouvées sur un mur. Des analyses ont démontré qu’il ne s’agissait pas de sperme (ce qui aurait évidemment commandé des investigations plus approfondies), mais sans doute d’une trace de sueur laissée là par un des nombreux intervenants judiciaires qui investirent la cache le 15 août 96, lors de la libération de Sabine et Lætitia. Aucun de ces intervenants

judiciaires (dont beaucoup ne furent pas identifiés) ne fut jamais invité à livrer des prélèvements pour effectuer une comparaison ADN.

Le matelas de Sabine

Une deuxième trace biologique d’un « inconnu » fut identifiée sur le matelas de la cache. Ce matelas fut donné à Sabine Dardenne par Dutroux parce qu’elle se plaignait de la rugosité de celui mis à sa disposition. Ce matelas a été introduit dans la cache après l’arrivée de Sabine, le 28 mai 96. Il ne concerne donc pas le séjour de Julie et Melissa. Sur ce matelas, précédemment localisé dans la chambre de Marc Dutroux et celle de ses enfants, et reçu d’un ex-codétenu Patrice C. (qui s’est soumis à un test ADN qu’ont refusé sa femme et ses enfants), ont notamment dormi les Slovaques (dont les deux jeunes filles violées par Dutroux). Les demandes formulées à Prague pour obtenir leur profil génétique n’ont jamais abouti. Une troisième trace avait été localisée sur un oreiller.

MARC METDEPENNINGEN

Cette entrée a été publiée dans Belgique, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.