Eric Domb, Manager de l’année

domb.jpg

Récompense Nouveau cap pour le patron du Parc Paradisio et de l’UWE

Les 635.000 visiteurs
de Paradisio n’expliquent pas seuls ce succès. Eric Domb est un patron au profil atypique.

Une ascension fulgurante pour un homme flamboyant : en élisant Eric Domb, fondateur du Parc Paradisio et récent président de l’Union wallonne des entreprises, au titre de « Manager de l’année », les lecteurs du magazine Trends-Tendance ont choisi de mettre en avant une certaine image de la Wallonie. Celle d’une région où le succès dans les affaires n’est plus pointé du doigt mais, parfois, montré en exemple…

Car Eric Domb est avant tout un entrepreneur, qui en assume tout autant les côtés positifs que négatifs. « Plus d’une fois, je fus la vedette de “dîners de con” : les financiers que j’espérais convaincre d’investir dans mon projet ne voyaient en moi qu’un idéaliste ou un mégalo… qui allait se planter », rappelle-t-il pour souligner à quel point ses débuts furent délicats. « Rien ne me fut épargné. D’un hiver pourri plongeant le parc dans la boue à deux mois de son inauguration… jusqu’aux accusations d’écologistes qui me voyaient au centre d’un trafic international d’espèces d’oiseaux protégées ! »

Né dans la douleur en 1994, donc, le Parc Paradisio, côté en Bourse depuis 1999 et employant une centaine de personnes, s’est désormais imposé dans le paysage touristique belgo-belge où, avec 635.000 visiteurs l’an dernier et un chiffre d’affaires en hausse de 20 %, il fait des envieux. Et ce succès, Eric Domb peut sans aucun doute se l’attribuer : « Cette entreprise, je ne l’ai pas héritée de mes parents mais je l’ai créée maladroitement, en m’endettant, dans un contexte de grand scepticisme et en ayant vécu tout le parcours du combattant », affirme-t-il. Jusqu’à subir dernièrement la rançon du succès, la commune de Brugelette sur le territoire de laquelle est implanté ce parc de 55 hectares ayant décidé de créer une taxe « ad hoc » de 75 cents par visiteur afin de compenser une perte de revenus liée à la fermeture d’une sucrerie…

Mais cet homme de 47 ans, papa de trois enfants, ne se résume à cette seule casquette d’entrepreneur. Recevant les visiteurs dans un bureau, au milieu des arbres et des oiseaux, ressemblant à un capharnaüm encombré de souvenirs ramenés des quatre coins du monde, le Manager de l’année n’hésite pas à se qualifier de doux rêveur, qualifiant son parc de « tableau en trois dimensions » ou de « jardin extraordinaire ». Et ses amis reconnaissent volontiers un côté romantique à ce juriste qui a commencé sa carrière comme avocat au barreau de Bruxelles avant de rejoindre, pour quelques années seulement, le cabinet Coopers & Lybrand.

Les patrons wallons eux-mêmes, qui l’ont élu à leur tête il y a plus d’un an, ont vite compris qu’ils s’étaient dotés d’un électron libre, dont l’apparence policée tranche avec le franc-parler. L’homme, en tout cas, s’est rapidement imposé dans les médias en n’hésitant pas à s’y exprimer avec panache, quitte à parfois s’en mordre les doigts.

Du côté flamand, le choix des lecteurs s’est porté sur André Bergen, patron du bancassureur KBC, qu’Eric Domb a précisément invité à siéger au conseil d’administration… du patronat wallon.

BENOIT JULY

Cette entrée a été publiée dans Economie, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.