Votre passeport, s’il vous plaît

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Saison 2008 7.000 contrôles seront effectués

Le passeport biologique devient bel et bien une réalité malgré les difficultés engendrées par son chantier.

Le sport cycliste sera suspendu, cette saison, à son nouveau visa qui fit l’actualité dans la fournaise de l’été 2007 : le fameux « passeport biologique », cette carte d’identité obligatoire réclamée à tous les coureurs appartenant aux équipes du circuit ProTour. Instruit en collaboration avec l’Agence mondiale antidopage (AMA), l’Union cycliste internationale (UCI) et le ministère français de la Santé à l’origine de cette création, cette nouvelle invention pour combattre le dopage n’avait pas suscité l’unanimité, non pas chez les coureurs, pour la plupart convaincus des avantages de cette contrainte à la fois physique et morale, mais chez leurs responsables. Comment, par exemple, l’UCI pourrait-elle gérer des contrôles inopinés (hors compétition) passant de 1.000 à… 7.000 tests ? Comment pourrait-on trouver des laboratoires compétents susceptibles d’étudier les échantillons dans les temps requis ?

L’Union cycliste internationale est convaincue de la faisabilité de son énorme pari, le plus audacieux de l’ère moderne du sport dans l’antidopage. Le prélèvement des échantillons utilisés pour établir le profil hématologique et stéroïdien des coureurs (plus ou moins 660 éléments) a déjà débuté fin de l’année dernière. Les coureurs nous l’ont confirmé : ils ont effectivement reçu la visite de « contrôleurs », soit à leur domicile, soit au cours d’un stage, soit sur leur lieu de vacances ! « Chaque semaine, nous devons remplir un formulaire assez compliqué sur internet pour communiquer nos activités quotidiennes », nous expliquait récemment Maxime Monfort. Or, il convient de ne rien oublier ! La réussite du passeport biologique, selon l’UCI, passe par quatre points.

La localisation des coureurs. Elle concerne les « where about », contrôles inopinés, qui seront donc septuplés en 2008. L’UCI dispose déjà des informations sur la localisation de tous les coureurs du ProTour. Le même, système sera mis en place pour les éléments issus des formations continentales professionnelles. La procédure de recueil des informations sur la localisation des athlètes sera facilitée par l’introduction du système dit « Adams » (Antidoping Administration & Management System), autrement dit un programme informatique permettant aux coureurs de communiquer leur programme par internet, comme l’expliquait Monfort. D’ici à mars 2008, le système de fax (cher à Rasmussen…) sera révolu.

La collecte des échantillons. Ce n’est pas le tout de contrôler, encore faut-il collecter ces 7.000 tests. L’UCI s’est engagée avec des sociétés spécialisées afin que tous les coureurs soient testés une fois par mois hors compétition.

L’analyse des échantillons. C’est le plus gros chantier de la nouvelle vague antidopage. Au-delà de l’aspect financier (la formule est coûteuse), il faut trouver des laboratoires agréés, ces mêmes labos devant en outre présenter une intégrité au-delà de tout soupçon, ce qui n’est pas forcément commode. Cinq d’entre eux sont pour l’instant accrédités alors que les mesures effectuées dans le cadre du passeport biologique ne représentent pas de difficulté technique particulière. Reste à définir un comité d’évaluation (mars ?) qui déciderait d’une éventuelle instruction à l’égard d’un coureur présentant une « anomalie ».

Ressources financières. Ces contrôles ont un coût et non des moindres. Y participent les équipes, l’UCI, les organisateurs, les coureurs, l’AMA, le ministère français de la Santé. Pour exemple concret : l’antidopage coûte en moyenne 80.000 euros par an aux sponsors. Personne ne s’en plaint mais cela méritait d’être signalé !

STEPHANE THIRION

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