Ça va schtroumpfer !

Bande dessinée L’anniversaire d’un mythe belge
Si vous n’aimez pas les Schtroumpfs, vous allez schtroumpfer : les lutins bleus de Peyo schtroumpfent leurs 50 ans dans le monde entier.

Smurf, Smurfie, Schlumpfe, Strunf, Smurfii, Strumpf, Sumafu, Smolf, Lan-Shin-Ling, Torpikek… Coquet, paresseux, costaud, poète, farceur ou grognon les Schtroumpfs de Peyo portent des noms différents mais rencontrent sous toutes les latitudes le même succès. Nés le 23 octobre 1958 dans le magazine Spirou, ils sont apparus pour la première fois dans une aventure de Johan et Pirlouit, La flûte à six Schtroumpfs.

Un demi-siècle et 25 albums plus tard, vingt chaînes de télévision internationales et une centaine de journalistes se disputaient lundi au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles les photos de leur anniversaire. Les Schtroumpfs sont les seuls héros franco-belges à avoir conquis l’Amérique. A la mort de Peyo, en 1992, 272 dessins animés réalisés dans les studios Hanna-Barbera avaient fait le tour du monde, du Brésil à la Chine, avec une pointe de 42 % d’audience sur NBC aux Etats-Unis.

Le village Schtroumpf de Peyo, dont le sorcier Gargamel et le féroce chat Azraël cherchent la route depuis 50 ans, comptent cent habitants gourmands de salsepareille, sans la Schtroumpfette et le Bébé Schtroumpf. Mais plus de 500 figurines et peluches de Schtroumpfs ont été fabriquées à plusieurs centaines de millions d’exemplaires. En Asie, en Amérique et dans les pays d’Europe de l’Est, les dessins animés, les jeux, les figurines ont schtroumpfé les albums. Au total, plus de 3.000 produits dérivés de l’univers de Peyo ont été créés. Aujourd’hui, sa fille, Véronique Culliford, contrôle et développe le merchandising dans l’esprit enfantin et poétique cher à son papa.

En 2008, rares sont les kids qui ont lu les bandes dessinées des Schtroumpfs mais tous savent fredonner la chanson générique : « Lâââ-lââ-la-Schtroumpf-la-la… » Un langage universel, inventé sur une nappe de restaurant, par Peyo et Franquin, le créateur de Gaston, pendant des vacances à la Côte belge. Pour se passer le sel, les deux auteurs avaient joué à « Passe moi le Schtroumpf ». Peyo gardera le mot en tête pour le reschtroumpfer avec le succès que l’on sait : 25 millions d’albums vendus.

Seize titres ont paru du vivant de Peyo. Depuis, le studio familial poursuit l’aventure et le vingt-sixième tome vient de paraître, tiré à 150.000 exemplaires, au Lombard. Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout est mis en images par le Liégeois Pascal Garray, dessinateur au Studio Peyo depuis quinze ans. Le scénario est cosigné par le propre fils de Peyo, Thierry Culliford, et Alain Jost, un spécialiste du gag et du livre pour enfants.

Nine Culliford, la femme de Peyo, continue de superviser les couleurs. C’est elle qui avait eu l’idée de colorier leur peau en bleu : « C’était une couleur non violente et cela permettait de les distinguer parfaitement dans la forêt malgré leur petite taille ». « C’était aussi une couleur non humaine, ajoute Thierry Culliford. Ce qui est important pour des personnages fantastiques qui, dans les premières esquisses avaient cinq doigts et un bonnet pointu ! »

Pour se mettre à la page, les Schtroumpfs se préparent aussi à passer dans la troisième dimension. Un nouveau long-métrage d’animation doit succéder au chef-d’œuvre de La flûte à six Schtroumpfs supervisé par Peyo en 1975 chez Belvision. La technique 3D sortira les Schtroumpfs de l’animation traditionnelle pour les précipiter dans un monde à la Shrek… « Le défi, déclare l’animateur Tom Cosijn, sera que les Schtroumpfs restent les Schtroumpfs et ne se métamorphosent pas en objets de nouvelles technologies ». Le pilote reprend un scénario original de Peyo, celui du court-métrage prémonitoire du Schtroumpf pas comme les autres !

Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout, Le Lombard, 48 p., 9,25 euros.

Le portfolio sur les schtroumpfs

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