Microsoft fâche encore Bruxelles

Technologies La Commission européenne annonce de nouvelles enquêtes

C’est pour abus de position dominante que Microsoft revient dans le collimateur européen. Un air de déjà-vu.

Microsoft n’aura pas soufflé longtemps : quatre mois après la confirmation en justice d’une amende record, Bruxelles a lancé lundi de nouvelles enquêtes contre le géant américain des logiciels soupçonné d’abus de position dominante. Des accusations similaires, concernant notamment le lecteur multimédia MediaPlayer, avaient déjà valu à Microsoft de se faire infliger en mars 2004 par la Commission une amende de 497 millions d’euros, la plus forte jamais imposée à une entreprise pour des abus de position dominante. Amende à laquelle s’étaient encore ajoutées en 2006 des astreintes de 280,5 millions d’euros.

Après trois ans et demi de bataille, la justice européenne avait donné raison à Bruxelles en septembre 2007 et Microsoft avait définitivement jeté l’éponge, acceptant les exigences de la Commission.

Forte de cette première victoire, cette dernière a ouvert lundi de nouveaux fronts sur d’autres produits de Microsoft. Les plus emblématiques sont la suite Office, qui contient le logiciel de traitement de texte Word ou le tableur Excel par exemple, et le navigateur Internet Explorer. La Commission dit ne pas avoir à ce stade de preuves d’une infraction, mais agir suite à des plaintes. L’une avait été déposée mi-décembre par le fabricant norvégien de logiciels Opera Software. L’autre émane de l’association ECIS, qui réunit plusieurs groupes informatiques opposés à Microsoft et milite pour la publication des informations techniques permettant au plus grand nombre de logiciels de fonctionner les uns avec les autres (« interopérabilité »).

Microsoft se voit cette fois reprocher d’incorporer automatiquement Internet Explorer à son système d’exploitation Windows, qui équipe plus de 90 % des PC. Bruxelles indique avoir aussi été alertée sur d’autres ventes liées à Windows, concernant « d’autres produits logiciels » (Windows Live, Desktop Search).

Nouveau format de fichier

Le groupe américain refuserait aussi de divulguer à ses concurrents des informations techniques permettant d’assurer l’interopérabilité d’une « large série de produits », dont la suite Office et des produits pour les serveurs, détaille la Commission.

Les services européens de la concurrence vont enquêter en particulier sur le nouveau format de fichier mis en place dans la dernière version d’Office lancée l’an dernier.

Dans un communiqué, Microsoft a assuré la Commission de sa « complète » coopération, assurant qu’il « fournirait toutes les informations nécessaires ».

Bruxelles a déjà obtenu de Microsoft qu’il commercialise une version de son système d’exploitation Windows expurgée du lecteur multimédia Media Player, et qu’il fournisse une meilleure documentation technique sur Windows à ses concurrents, y compris aux concepteurs de logiciels libres. (afp)

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