Le clonage s’invite au supermarché

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Les États-Unis donnent le feu vert à la commercialisation des aliments provenant d’animaux clonés.

Après plusieurs avis préliminaires positifs, en 2003 et en 2006, sur les produits de bovins et d’ovins clonés, la FDA, agence de réglementation américaine des produits alimentaires et des médicaments, a affirmé mardi dans ses conclusions définitives que « la viande et les laitages provenant de bovins, de porcs et de chèvres clonés, sont aussi sûrs que la nourriture que nous consommons tous les jours ». Il n’y a dès lors plus de raison de freiner leur commercialisation. Mais il faudra au moins cinq ans, selon les experts, avant que les consommateurs ne trouvent des produits d’animaux clonés dans les supermarchés.

Si l’on en croit le président de la Biotechnology Industry Organization (BIO), le clonage peut aider « à produire ce que les consommateurs veulent, à savoir une nourriture nutritive, abondante, sûre et de haute qualité ». Pourtant, loin de se réjouir, les consommateurs semblent plutôt inquiets. Ceci d’autant plus que la FDA ne prévoit pas de demander à l’industrie alimentaire un étiquetage spécifique des produits. La peur que cette décision nuise à l’image des produits agricoles américains a par ailleurs poussé certains producteurs à annoncer leur refus de vendre des produits d’animaux clonés.

Sans doute influencé par ces multiples appréhensions, Bruce Knight, sous-secrétaire à l’Agriculture, responsable du marketing, a indiqué qu’il « encourageait les entreprises à maintenir leur moratoire volontaire sur la vente » de tels produits le temps « que le marché s’adapte ».

L’Europe pourrait suivre

Sur fond de controverse sur les OGM, suite à l’arrêt unilatéral des cultures par la France, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), a rendu un avis préliminaire allant dans le même sens que celui de la FDA. L’EFSA estime qu’il est « très improbable qu’il existe une quelconque différence en termes de sécurité alimentaire » entre les produits traditionnels et ceux issus d’animaux clonés. Certaines voix se sont déjà élevées contre ce rapport, à l’image de Test-Achats. « Il ne faudrait pas jouer à l’apprenti sorcier », a déclaré un responsable de l’association belge de consommateurs. Face à ces inquiétudes, la Commission européenne a précisé que l’EFSA ne publiera son avis définitif qu’en mai prochain, après l’organisation jusqu’au 25 février, d’une consultation populaire sur le site www.efsa.europa.eu.

Stagiaire

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