Les Belges décrochent la lune

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Cinéma « Fly me to the moon»

Bienvenue dans la troisième dimension ! « Fly me to the moon », premier film belge tout en relief, sort le 30 janvier.

L’avant-première de Fly me to the moon, organisée dimanche dernier à Kinepolis a permis de tester une technique remise au goût du jour et des nouvelles technologies.

L’effet se manifeste dès avant le démarrage du film lui-même, quand apparaît à l’écran le logo annonçant une projection en 3D. Encore que « à l’écran » ne soit pas le terme approprié. Avec les lunettes appropriées, le spectateur croit le voir surgir hors de la toile pour s’arrêter sous son nez. On aurait bien envie de tendre une main !

Dans la salle, les enfants sont en nombre ; on entend des cris de surprise et des rires étouffés. Une fois l’entrée en scène de Scooter, Nat et IQ, les trois autres héros de l’épopée d’Apollo 11, la magie continue à opérer. L’écran n’est désormais plus cette chose blanche et plate accrochée à un mur ; c’est une fenêtre ouverte sur un autre univers tellement la sensation de profondeur est sidérante !

Notez, il n’y a pas que les petits que ça impressionne. Il suffit d’écouter les commentaires à la sortie. Ben Stassen, le réalisateur, n’a pas manqué d’y prêter l’oreille. « Je voulais faire un film dont la cible principale soit les six à douze ans, mais qui plaise aussi aux parents. Après les projections qui ont eu lieu jusqu’à présent, des parents sont venus nous dire qu’ils se font souvent entraîner au cinéma par leurs gosses influencés par une pub pour tel ou tel film, mais que là, avec Fly me to the moon, c’est le genre de film qu’ils aimeraient aller voir avec leurs enfants. »

Un film double

Au préalable, il restait pour nWave Pictures, la société bruxelloise qu’il dirige, à réussir un pari technique. La prise de vues en 3D n’a pas foncièrement évolué depuis le début du XXe siècle. Le principe reste le même : dupliquer le fonctionnement de notre système visuel. Comme nous avons deux yeux, nous voyons la réalité sous deux angles légèrement différents. Filmer pour de la 3D se fait donc à l’aide de deux caméras, positionnées de la même manière que nos yeux.

« Ce qui a évolué, ce sont les systèmes de projection, reprend Ben Stassen. Un film 3D est double : l’un pour l’œil droit et l’autre pour le gauche. A l’écran, les deux images sont projetées en même temps, mais il faut veiller à ce que chaque œil ne puisse voir que le film qui lui est destiné. » Grâce aux fameuses lunettes : « C’est un système qu’on appelle “anaglyphe”. On filtre l’image de droite avec un filtre cyan ou même vert, et celle de gauche avec un filtre rouge. » Qui dit filtre dit évidemment altération des couleurs : « Il existe aujourd’hui des procédés technologiquement plus évolués, polarisants. Ici en Belgique, nous utilisons un système appelé Infitec : ce sont des lunettes passives, des verres conçus pour jouer sur le spectre de la lumière. »

De drôles de lunettes

Ces lunettes auxquelles Ben Stassen fait allusion sont celles qu’on distribue à l’entrée de la projection. Elles ne sont pleinement efficaces que couplées à des technologies de pointe : « La projection digitale rend leur utilisation très… agréable. Par le passé, au bout d’une heure et demie de film, on pouvait ressentir des maux de tête. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. » Du tout ?

« Il y a toujours un petit pourcentage de la population qui aura du mal avec la 3D. Les cas de fort astigmatisme notamment. Là, le cerveau a du mal à fusionner les deux images. Mais c’est physiologique, ce n’est pas dû au procédé de projection. »

Rien de tout cela après le retour triomphal de nos trois mouches sur le plancher des vaches ! Les plus jeunes spectateurs n’avaient envie de parler que des moments les plus drôles de l’aventure. Ou des plus effrayants, c’est selon.

DIDIER STIERS

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