Francis Joyon a effacé Ellen MacArthur

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Tour du monde Record battu de 14 jours
Le navigateur breton a achevé son tour du monde au pas de charge. Son exploit suscite enthousiasme et respect.

Francis Joyon a remporté son pari en pulvérisant dimanche aux premières heures du jour le record du tour du monde à la voile en solitaire : 57 jours, 13 heures et 34 minutes et 6 secondes, c’est le nouveau temps établi par Joyon pour faire le tour du monde par les caps de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Chili), a-t-on appris dimanche matin auprès de son service de presse.

Sur son trimaran Idec de 29,70 m, le marin breton de 51 ans a coupé la ligne d’arrivée tracée entre l’île d’Ouessant (Finistère) et le cap Lizard (Angleterre), à 0h39.58, au large de Brest (Finistère). Le précédent record, que détenait Ellen MacArthur depuis 2005, en 71 jours 14 h 18 mn 33 s, est battu de 14 jours 0 h 44 mn 27 s.

À son arrivée, le navigateur s’est dit « content de retrouver la famille, les amis, de retrouver tout le monde encore plus tôt », et aussi « de faire un record qui va être un petit peu plus difficile à battre pour la future concurrence. »

« C’est vrai que j’étais vraiment à 100 % du bateau comme en transat pendant toute la première partie jusqu’au cap Horn, a-t-il expliqué. À la remontée de l’Atlantique, j’ai dû passer un petit peu en mode dégradé et tenir compte des soucis techniques que j’avais, et malgré ça, la remontée de l’Atlantique s’est faite relativement correctement. »

Ému, le skipper a dû se réhabituer à la compagnie des hommes après plusieurs semaines de solitude en mer. « C’est sûr que c’est un peu un choc thermique, le fait d’arriver directement de la vie solitaire du large pendant 57 jours, à Brest. Là c’est sûr que ça fait un peu drôle. » Modeste, Joyon a dit ne pas avoir « vocation à être un héros. J’ai vocation à faire bien mon boulot de marin. »

Le marin de Locmariaquer met un terme à une circumnavigation menée tambour battant au cours de laquelle il a tenu des cadences infernales. L’océan Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique ont été avalés à des vitesses vertigineuses. Le skipper n’a été ralenti qu’en fin de Pacifique, puis sur la remontée de l’océan Atlantique, d’abord en raison de complications météo, puis à cause de l’usure du matériel.

Il inscrit au passage les records intermédiaires de la traversée de l’océan Indien en 9 jours, 12 h 3 mn et de l’océan Pacifique en 10 jours, 14 h 30 mn. À son palmarès également, le temps le plus court pour faire Équateur-Équateur en 41 jours, 8 h 19 mn. Ces trois temps sont en attente de validation par le WSSRC (World Sailing Speed Record Council) qui enregistre tous les records du monde à la voile.

La navigatrice britannique Ellen MacArthur, précédente détentrice du record que Joyon vient de faire tomber, a jugé « exceptionnel » l’exploit du Breton. « Moi, je pensais que c’était assez facile de prendre 7 ou 10 jours au record, mais de prendre deux semaines c’est tout de même exceptionnel », a observé la jeune femme venue attendre Francis Joyon à l’arrivée. « Il a fait un temps exceptionnel, il a été très vite, il a super bien joué, donc il mérite ce record vraiment, a-t-elle ajouté sur France Info. Je suis vraiment contente pour lui, fière de lui. » (ap)

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