Echange prof fr. contre prof nl.

Enseignement Pour le bilinguisme

Arena et Vandenbroucke s’accordent : Bruxelles pilotera un programme d’échanges linguistiques entre profs.

Favoriser l’apprentissage des langues nationales : une priorité pour les ministres francophone et flamand de l’Enseignement, Marie Arena (PS) et Franck Vandenbroucke (SP.A). Ils ont signé vendredi un accord sur l’échange de professeurs entre communautés francophone et néerlandophone.

L’idée, loin d’être nouvelle, est revenue sur le devant de la scène le 21 janvier par le biais d’une proposition de résolution déposée par deux députées socialistes, l’une flamande, l’autre francophone. L’objectif : inciter les ministres de l’Enseignement des deux communautés, Marie Arena et Franck Vandenbroucke, à mettre en œuvre un projet pilote, visant à soutenir des échanges d’enseignants entre les écoles des deux principales communautés linguistiques du pays.

L’accord présenté vendredi pose les bases de ces échanges, avec un coup d’envoi prévu pour le troisième trimestre de cette année. Premier principe : le statut des enseignants participant aux échanges ne sera en rien modifié. Ils conserveront leurs droits statutaires et pécuniaires. Pour les deux ministres, il s’agissait clairement de « lever les obstacles administratifs » à de tels échanges.

Pour des raisons de proximité géographique, il a été décidé de limiter en premier lieu ces échanges à la Région de Bruxelles-Capitale. Selon Marie Arena, dans les 19 communes bruxelloises, parents et professeurs ont montré « un intérêt manifeste » pour cette initiative, motivé par l’impression que « des capacités sont gâchées ».

Autre restriction : les seules années visées par le projet sont celles du troisième degré du primaire (5e et 6e) et du premier degré du secondaire (1re et 2e). Une décision qui trouve sa justification dans l’idée que c’est une période passerelle de la scolarité, où la langue maternelle est déjà acquise et où l’intérêt s’éveille pour la seconde langue.

Par ces échanges, les élèves profiteront des cours d’enseignants « native speakers », soit des professeurs qui enseignent dans leur langue maternelle. Un plus pour les étudiants. Les instituteurs et professeurs concernés seront également gagnants puisqu’ils bénéficieront d’une immersion linguistique auprès de leurs élèves. Le principe du « un contre un » prévaudra. Concrètement, cela signifie que quand un enseignant francophone recevra la possibilité de donner des cours à des élèves flamands, au même moment, un enseignant flamand dispensera des cours dans une école francophone.

Les deux ministres précisent que les échanges pourront porter sur toutes les disciplines : histoire, géographie, etc. La nécessité d’être bilingue, pour s’intégrer à l’équipe pédagogique de l’école d’accueil, devrait néanmoins favoriser les échanges dans les cours de langue. Toujours est-il que les enseignants s’engageront pour un échange de minimum 48 à 50 heures. Il s’agit effectivement de proposer plus qu’une « visite de courtoisie », selon les termes de Marie Arena.

La semaine prochaine, les écoles fondamentales des deux réseaux linguistiques recevront une circulaire d’information. Elles auront jusqu’au 7 mars pour déposer leurs propositions et demandes d’échange. Viendra ensuite la phase de « matching » durant laquelle les échanges devront être organisés. Mais que se passera-t-il si offre et demande sont disproportionnées ? La question reste en suspens.

Marie Arena souhaite désormais créer des écoles bilingues à Bruxelles. Mais elle aura fort à faire pour convaincre son homologue flamand, réticent à ce projet.

STAGIAIRE,MICHEL DE MUELENAERE

Cette entrée a été publiée dans Belgique, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.