Un Belge lauréat du World Press Photo

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Photojournalisme Pour un reportage au Congo
C’est Un prix prestigieux. Tim Hetherington l’emporte, le Belge Cédric Gerbehaye est un des gagnants.

Depuis, ce matin, je n’arrive pas à boire ma tasse de café : le téléphone n’arrête pas de sonner. Et c’est un plaisir. » Le Bruxellois Cédric Gerbehaye n’en revient pas. Il est un des 59 photographes de 23 nationalités primés par le World Press Photo Award. Il l’est dans la catégorie reportage d’actualité. Cette année, 5.019 photographes de 125 pays avaient présenté leurs travaux, c’est-à-dire 80.536 photos.

Un Britannique, Tim Hetherington, est le vainqueur toutes catégories pour un cliché montrant un soldat américain au repos dans un bunker en Afghanistan, que vous pouvez admirer en première page.

L’image, prise le 16 septembre 2007 et qui illustrait un reportage du magazine américain Vanity Fair, est dominée par les tons de couleur terre. Elle montre un jeune soldat manifestement éprouvé, se reposant adossé à un rempart de bunker. Il fait un mouvement du bras vers sa tête, en flou de bougé sur le cliché, qui renforce l’espect éphémère du repos qui lui est accordé. Son bras dirige le regard du spectateur vers son visage marqué. « Cette image montre l’épuisement d’un homme, d’une nation, a commenté le président du jury, Gary Knight. Cela nous parle à tous. C’est la photo d’un homme au bout du rouleau. »

Cédric Gerbehaye a 30 ans. Il faisait déjà de la photo quand il était étudiant en journalisme à l’Ihecs, à Bruxelles. Il a même publié des reportages sur le couvre-feu en Palestine dans feu notre supplément Victor. Il a réalisé des reportages dans le Kurdistan turc et iraquien. Il a obtenu le Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre pour un travail intitulé « Gaza, pluie d’été », sur l’opération israélienne du même. Il a aussi obtenu la bourse de la vocation. « C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de continuer financièrement mon boulot. »

« Énormément de sacrifices »

Cédric Gerbehaye est indépendant. Ses reportages, il les finance. « Le boulot de photojournaliste est particulièrement difficile, avoue-t-il. Cela exige énormément de sacrifices. Et je n’en vis quasi pas. » Le prix qu’il vient d’obtenir va sans doute pouvoir l’aider à se faire connaître. Un peu plus qu’il ne l’est déjà, puisque le reportage primé a été publié par Le Monde 2, et que le photographe a désormais un contrat avec la célèbre agence Vu. « C’est une reconnaissance de mes pairs, dit-il. Pas encore un apport financier. »

Ce fameux reportage, Cédric Gerbehaye l’a donc réalisé au Congo. « J’avais participé à un Master Workshop de photo à Amsterdam. On nous avait demandé un travail sur la fragilité. J’ai été au Congo. En Ituri, au Kivu et à Kinshasa. Sept semaines sur place en juin et juillet 2007. Je me suis déplacé avec une petite ONG belge, Aviations sans frontières. »

Dangereux ? « Non, je n’ai pas eu l’impression de danger. Mais j’y suis retourné en décembre, et là ça avait changé. » Retour au workshop d’Amsterdam, on lui a conseillé de proposer son reportage pour le World Press Photo Award. Cédric Gerbehaye a suivi ce conseil. Il a bien fait.

www.agencevu.com

www.worldpressphoto.org

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

Le portfolio Words Press 2007

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