Travaux pharaoniques au bord du golfe Persique


Immobilier Les Etats pétroliers cherchent à diversifier leurs sources de revenus à coups de dizaines de milliards de dollars

Les chantiers titanesques se multiplient dans les riches émirats pétroliers. Abreuvés de dollars grâce à la hausse du prix du baril, ceux-ci semblent engagés dans une course folle où le vainqueur est celui qui construira la plus haute tour, la ville nouvelle la plus gigantesque ou le centre d’affaires le plus moderne.

C’est particulièrement vrai dans la fédération des Emirats arabes unis, qui dispose respectivement du quatrième et du cinquième rang mondial en termes de réserves de gaz et de pétrole. Les réserves prouvées de brut des Emirats seraient suffisantes pour encore extraire du brut pendant 150 ans. Mais les Emirats cherchent à diversifier leur économie pour réduire leur dépendance vis-à-vis de l’or noir.

Longtemps, l’émirat de Dubaï a tenu la corde. Ses réalisations les plus connues sont l’hôtel Burj al Arab (le seul hôtel sept étoiles du monde) et les îles artificielles en forme de palmiers (« Palm Djebel Ali », « Palm Jumeirah » et « Palm Deira ») et ou de mappemonde (« The World »), destinées à accueillir des vacanciers par dizaines de milliers, permettant à l’émirat d’accomplir sa reconversion dans le secteur du tourisme quand la manne pétrolière se tarira. Dubaï entend aussi se positionner comme une place financière et d’affaires de première importance. Il est notamment en train d’élever le plus haut gratte-ciel du monde, le Burj Dubaï, qui devrait culminer à plus de 800 mètres (la hauteur définitive n’est pas connue officiellement).

Mais dans cette course, Dubaï n’est pas seul. L’émirat voisin d’Abou Dhabi a lui aussi de grandes ambitions. Abou Dhabi, qui détient le gros des réserves de pétrole et de gaz de la fédération des Emirats, a annoncé dimanche avoir commencé la construction de la première cité au monde prévue pour fonctionner avec un niveau zéro d’émission de gaz carbonique, a déclaré un porte-parole du projet. « La construction de Masdar City commence aujourd’hui », a-t-il dit, évoquant le projet qui s’étendra sur 6,5 kilomètres carrés, coûtera 22 milliards de dollars et doit être achevé en 2015. Masdar (« Source » en arabe) City fonctionnera exclusivement au moyen d’énergies renouvelables, dont l’énergie solaire, une ressource constante dans le désert de l’émirat. Ses 50.000 habitants circuleront en utilisant des tramways et une série d’autres moyens de transport automatiques. La maquette de Masdar City, conçue par le groupe Foster + Partners, montre des constructions basses et équipées en panneaux solaires sur les toits.

Malgré l’abondance du soleil, seuls les parcmètres sont alimentés en énergie solaire aux Emirats qui, à l’instar des autres monarchies pétrolières du Golfe, utilisent peu l’énergie solaire. La cité sera située non loin de la mer et un mur de ceinture devra la protéger de l’air chaud soufflant du désert et du vacarme de l’aéroport d’Abou Dhabi, voisin.

De son côté, et poursuivant le même objectif de diversification, une autre nation du Golfe, le Koweït, entend construire une nouvelle ville inspirée de la Route de la soie, dont il espère faire un centre d’affaires et commercial et une destination touristique de renommée mondiale. Le projet, baptisé « Madinat al Hareer » (« La Cité de la soie »), d’un coût de 77 milliards de dollars, est destiné à créer une zone de libre-échange entre l’Europe et l’Asie. « Il s’agit du plus grand projet immobilier (du genre) au Moyen-Orient », a déclaré Eric Kuhne, directeur général du bureau d’études Eric R. Kuhne & Associates, auteur des plans de la nouvelle cité qui sera construite au bord du Golfe.

La ville, prévue à Subbiya, près de la frontière avec l’Irak et l’Iran, pourra accueillir quelque 750.000 habitants lorsqu’elle sera totalement bâtie en 2030.

La Cité de la soie, d’une superficie de 200 km2, comportera quatre zones pour le commerce, les loisirs, l’écologie et enfin la diplomatie et l’éducation. La construction devrait être lancée avant la fin de l’année. Ce projet prévoit notamment rien moins que la construction du (nouveau) plus haut immeuble du monde, baptisée « Burj Mubarak al Kabir » (la « Tour des Mille et une Nuits arabes ») et qui devrait atteindre… 1.001 mètres. La course est loin d’être finie !

BERNARD PADOAN,AFP

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